March 27, 2019
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Un vrai-faux document veut faire passer Nathalie Loiseau pour une facho
Nathalie Loiseau, intronisée tête de liste de La République en marche aux élections européennes, aurait été candidate lors de ses études à Sciences Po sur une liste étudiante d’extrême droite. Rude entrée en campagne pour l’ex-ministre des Affaires européennes ! Un document qui avait toutes les apparences de l’authenticité venait le prouver. Or « cela doit être un... faux ». Enquête.
C'est à peine croyable comme les faux sont bien faits de nos jours. La propagation du numérique a rendu aisé le fait de truquer une photo pour qui maîtrise les logiciels de traitement d’image. Ainsi peut-on faire croire, par exemple, que le ministre de l’Intérieur se trouve en boîte de nuit à la veille d’une manifestation qui s’annonce périlleuse – un habile montage aurait même pu montrer qu’au même moment, de la cocaïne s’y échangeait au vu et au su de tous.
Ainsi peut-on induire en erreur le peuple crédule, prêt à gober n’importe quelle « fake news », au point de lui faire avaler que son président mal-aimé se trouve sur une piste de ski plutôt qu’à son bureau de l’Elysée à essayer de résoudre les problèmes quotidiens que rencontrent ceux qui l’ont élu.
Les faux sont tellement bien faits, écrivions-nous, que notre vigilance et notre habituelle méfiance ont failli être trompées. Pensez donc : le document en notre possession ressemble à un vrai comme deux gouttes d’eau ! Même papier d’époque, même machine à écrire pour taper le passage litigieux alors qu’il ne doit pas être aisé de trouver ce modèle qui a au moins 35 ans d’âge, même alignement des caractères sans aucun décalage d’un quart de millimètre, bref, du travail d’orfèvre ! Et pourtant, c’est un faux. Enfin, « cela doit être un... faux », avec les points de suspension d’origine et le « doit être »qui laisse tout de même planer un doute. Au cas où, finalement, ce n’en serait pas un.
L’UED, un épouvantail à gauchistes
M’enfin bon, comme dirait Gaston, le document qui nous a été adressé doit être faux, raison pour laquelle nous ne prendrons pas le risque de le reproduire. Il risquerait ensuite de se propager et nous serions accusés de l’avoir mis en circulation.
Que voulait donc prouver faussement ce document ? Qu’au début des années 1980, une certaine Nathalie Ducoulombier, étudiante à Sciences Po Paris, s’était portée candidate, au sein de l’institution de la rue Saint-Guillaume, aux élections des délégués étudiants à la commission paritaire sur la liste de l’Union des étudiants des droites de Sciences Po (U. E. D.) où elle figurait en sixième position. L’UED ? Un syndicat d’extrême droite dont la figure la plus connue est le regretté Emmanuel Ratier, qui avait même doté l’UED d’un journal, « Répliques ».
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