May 10, 2019
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Match retour en vue
Il aura fallu la descente en flamme au décollage de la campagne de l’improbable Nathalie Loiseau pour décider Emmanuel Macron à entrer dans l’arène. Un mouvement en entraînant un autre, Marine Le Pen a, elle aussi, haussé le ton.
Et si ces élections européennes étaient bel et bien l’occasion pour Marine Le Pen de rejouer le match perdu aux présidentielles de 2017 ? C’est en tout cas le profil qui se dessine alors que les élections européennes se tiendront dans quinze jours. Depuis la Roumanie, où il se trouvait en déplacement officiel, le président français n’a pas mâché ses mots à l’encontre du Rassemblement national : « Je mettrai toute mon énergie pour que le Rassemblement national ne soit pas en tête », a-t-il déclaré devant la presse à l’issue du sommet. Car, il n’y a « pas de mystère » : « Moi je suis patriote français et européen. Ils sont nationalistes » et veulent « la déconstruction de l’Europe ».
Une attaque directe qui n’a pas manqué de faire réagir Marine Le Pen alors que les listes menées par Jordan Bardella et Nathalie Loiseau sont au coude à coude : la présidente du RN a appelé à la démission d’Emmanuel Macron en cas de défaite le 26 mai. « Ça devient donc un référendum pour ou contre Emmanuel Macron, cette élection européenne. J’accepte cela, mais dans ces conditions, il faut qu’il fasse comme le général de Gaulle : s’il perd cette élection, alors il devra partir », a estimé la leader politique sur LCI.
Un échange d’amabilités qui intervient dans un contexte de forte tension à l’intérieur de la majorité. Comme un écho à la colère jupitérienne du locataire de l’Elysée devant ses ministres : « Si nous arrivons deuxièmes, vous ne serez plus là ». Or, si les derniers sondages mettent Jordan Bardella en tête devant Nathalie Loiseau, une autre donnée plus inattendue vient un peu plus inquiéter la majorité : la liste LR menée par François-Xavier Bellamy ne cesse de grappiller des points et entend bien combler son retard sur la liste de Loiseau. Chez LREM, on commence à sentir le vent du boulet, et la perspective d’arriver en troisième position plutôt qu’en deuxième fait tranquillement son chemin.
Il faut dire que les récentes performances de Nathalie Loiseau auraient de quoi faire passer Jean-Christophe Lagarde pour un chef de guerre. Utiliser le mot « Blitzkrieg » en ouverture de la commémoration du 8 mai était pour le moins hasardeux tout comme se poser en parangon de la lutte contre l’extrême droite en ayant soi-même participé à une élection sous les couleurs du GUD.
Néanmoins, le profilage d’un duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron par candidats interposés fait son chemin. Un duel qui arrange les deux protagonistes : Emmanuel Macron peut se reposer en leader de la résistance contre la peste brune, Marine Le Pen reprend la main devant la France Insoumise et s’impose comme la première opposante au gouvernement. Un duel à mort entre deux pôles distincts. Un duel à mort qui, en cas de défaite, fera à coup sûr tomber le gouvernement une fois de plus. Les fusibles sautent les uns après les autres, Emmanuel Macron n’a plus qu’à prier pour que le boitier tienne jusqu’en 2022.