June 20, 2019
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PMA sans papas : reprendre le combat, mais sans naïveté

Au nom d’une égalité que la nature n’avait pas prévue, après le mariage pour tous, voici donc la « procréation médicalement assistée pour toutes ». La période des vacances n’étant pas propice aux mobilisations, le gouvernement espère réitérer la manœuvre de l’été 2017 qui avait permis de faire passer la réforme ultrasensible du Code du travail, portée par Muriel Pénicaud, en court-circuitant les syndicats (une habileté tactique dont ces derniers ne se sont d’ailleurs jamais remis). C’est pourquoi il cherche à lisser son discours, et brider l’expression de ses supporters les plus extrémistes, en évitant une dialectisation des positions, afin de faire passer son projet en catimini, s’évitant ainsi l’agitation de 2013 sur la loi Taubira.
Pour l’équipe Macron, il s’agit de satisfaire la frange la plus à gauche de l’opinion, bien que, paradoxalement, ce projet transpose les pratiques (honnies par ailleurs) d’un ultralibéralisme, jusque dans les valeurs les plus immuables : la famille, la notion de père et de mère, la place des enfants dans la société.
La PMA sans pères, c’est d’abord et avant tout la possibilité pour des couples de lesbiennes d’avoir des enfants, comme on a un animal de compagnie, non du fait du droit naturel, mais en le contournant. Le ministre Buzyn l’a répété ces jours-ci : cette PMA-là ne concernera que « quelques milliers de femmes ».
Une mobilisation des « pétroleuses » à tous crins
Pourtant le militantisme pro-PMA mobilise bien au-delà des couples de lesbiennes, et bien au-delà des femmes seules désirant un enfant sans père. Nous trouvons en particulier les féministes. Le mouvement MeToo était né des immondes comportements d’un Strauss-Kahn ou d’un Weinstein, mais les féministes radicales, adeptes de la lutte des sexes comme substitut à une lutte des classes périmée, ont développé le concept du MeToo arme de guerre contre les hommes, accusés d’avoir esclavagisé, harcelé, discriminé, voire assassiné les femmes, siècles après siècles. Elles veulent faire de cette « PMA pour toutes » une arme de leur combat, pour montrer que la science rend les hommes inutiles, même sur ce plan.
On a vu récemment des médecins pris à partie, leur maison recouverte de peinture. On a vu le député LREM Agnès Thill menacée d’exclusion en raison de son hostilité à la PMA sans pères. D’autres élus LREM, qui partagent son avis, n’osent plus s’exprimer publiquement. Et l’idée que des médecins puissent revendiquer une clause de conscience face à cette loi à venir excite aussi les féministes. Il faut donc la mobilisation des Eglises, la mobilisation de ceux qu’inquiète l’évolution transhumaniste et matérialiste de notre société, face à une mobilisation de ces « pétroleuses » à tous crins, et autres femen, n’hésitant pas à user de violence contre leurs opposants.
Seule la force paye
La naïveté serait de croire qu’une opposition efficace pourrait s’opérer par un consensus mou. Les manifestations monstres, mais pacifiques, de 2013 avaient été réprimées sans état d’âme par Valls et n’ont rien empêché. Les Gilets jaunes, bien moins nombreux, bien moins organisés, ont obtenu infiniment plus de concessions. Dans ces domaines, seule la force paye, il faut en être conscient.
La PMA pourrait-elle faire exploser LREM ? Personne n’a encore testé cette hypothèse. Mais les études de l’Ifop, à la suite des élections européennes, ont montré que 43 % des catholiques pratiquants réguliers ont voté LREM, que 30 % des catholiques occasionnels ont fait de même. Ne vont-ils pas finir par se poser des questions ?