February 22, 2019
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Marlène Schiappa et Emmanuelle Gave : tout les oppose, même le sort qui leur est fait
Marlène Schiappa est sous-ministre de Macron. Elle vient de tenir des propos assez inouïs, mettant presque sur le même plan les participants aux « manifs pour tous » de l’époque Hollande et… les terroristes islamistes.
Que Mme Schiappa soit une bécasse, c’est fort possible, mais quand elle s’exprime, c’est en tant que membre du gouvernement. Elle a accepté un entretien avec les journalistes de Valeurs actuelles. C’est donc en toute connaissance de cause qu’elle a répondu à des questions qui n’étaient pas piégées, mais qui étaient « musclées ». Voilà quelques-unes des affirmations de cette brave femme : « Il y a une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes, qui s’unissent de fait dans ce combat [antisémite et homophobe]. Il y a des slogans de la Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues. » Et madame Schiappa de poursuivre : « Les slogans et l’agressivité de la Manif pour tous ont nourri la recrudescence de violences homophobes […]. L’homophobie se nourrit des messages de haine proférés par la Manif pour tous […]. Je ne mets pas sur le même plan la Manif pour tous et les terroristes islamistes, mais je souligne l’existence d’une convergence idéologique. »
Les propos sont assez monstrueux. Rappelons que plus d’un million de Français sont descendus dans la rue en 2013 avec la Manif pour tous, que plusieurs des actuels collègues de Mme Schiappa au gouvernement ont sans doute participé à l’une ou l’autre de ces manifestations, puisque l’UMP y conviait ses troupes, et que, sauf erreur, les propres parents de Bruno Le Maire, par exemple, en étaient.
« Hargne idéologique »
Ces propos ont frappé de sidération l’opinion publique. « C’est ignoble ! », s’est indigné Alain Finkielkraut. Les animateurs de la Manif pour tous réclament des excuses. « Mettre tout cela sur le même plan relève soit de l’ignorance ou de la légèreté de l’élu qui parle à tort et à travers, soit de la hargne idéologique », analyse la philosophe Chantal Delsol, qui ajoute : « Nous avons une conscience, elle nous sert à porter des jugements et à dire ce qu’est pour nous la “bonne vie”. Personne ne peut nous enlever cela, et les insultes non plus. »
Les réactions d’indignation se sont multipliées tout jeudi, incluant même la pourtant très molle Pécresse, mais le ministre de la Justice, madame Belloubet, pour sa part, bien qu’empêtrée dans l’affaire Benalla, a apporté son soutien à sa collègue. Nul ne parle de démission, malgré l’énormité des propos, et l’ignominie d’un parallèle, qui insulte une bonne moitié de Français.
Le même jour, pour quelques tweets où elle réaffirmait des convictions qui ne sont pas interdites, mais qui choquent la gauche (par exemple sur la loi Gayssot), la jeune avocate Emmanuelle Gave a été expulsée de la liste Debout la France. Au lieu de défendre sa candidate, Dupont-Aignan a rendu les armes, sans même lui laisser le temps de s’expliquer. C’est donc apparemment le journaliste Yann Barthès qui fait et défait les listes, chez Debout la France. Le risque n’est pas négligeable de voir ce journaliste ou un autre s’en prendre successivement à d’autres candidats de Debout la France, au risque que son parti se retrouve… à genoux. En bon gaulliste, M. Dupont-Aignan devrait pourtant savoir que ce qui est reproché à Emmanuelle Gave par les censeurs médiatiques n’est rien par rapport aux propos que pouvait tenir de Gaulle. Présent