March 26, 2019
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Aucun complot Trump-Russie contre Hillary Clinton
Cuisante défaite démocrate
Du correspondant permanent de Présent aux Etats-Unis. – Le procureur spécial Robert Mueller vient de rendre son rapport au ministre de la Justice, qui le lui avait demandé il y a près de deux ans. Sa conclusion a fait ici l’effet d’une bombe à retardement : il n’existe aucune preuve d’une collusion entre le président Donald Trump et la Russie pour anéantir les chances d’Hillary Clinton d’être élue à la Maison-Blanche en novembre 2016. Voilà Trump serti d’innocence et ses accusateurs dans l’opprobre. Il a fallu dix-neuf avocats de haut vol, quarante agents du FBI, plus de cinq cents témoins, trente-cinq millions de dollars et le concours de treize pays étrangers pour inculper une poignée d’individus de l’entourage de Trump et une dizaine d’espions russes. Bilan dérisoire : du menu fretin, des seconds couteaux. La cible centrale est sortie indemne de cette mise à mort programmée. Indemne et même affermie. D’abord, Trump terminera son mandat sans avoir à supporter en permanence une menace d’inculpation. Ensuite, la base du populisme et les républicains modérés se regrouperont autour de leur chef vainqueur et sécurisé. Enfin, les démocrates et l’ensemble des médias se retrouvent sur la défensive, victimes de leurs propres manœuvres.
Robert Mueller.
Des démocrates accablés par un rapport auquel ils ne s’attendaient visiblement pas. Pour eux, le procureur spécial Mueller représentait une chance idéale de se débarrasser de Trump, de montrer au pays qu’il avait remporté l’élection en truquant le jeu, d’affirmer que son national-populisme n’était qu’une imposture face à la gauche libérale. Il suffisait de prouver que Trump avait trahi. Il suffisait de quelques preuves d’une ingérence étrangère. Les démocrates y ont tellement cru, à ces preuves, qu’ils avaient fini par se convaincre de leur existence. Plus dure est leur amertume, et leur désarroi. Car l’absence de machination signifie deux choses : d’une part, tout processus de destitution du président est désormais impossible. D’autre part, du fait de l’absence de poursuite judiciaire, l’argument d’une obstruction à la justice tombe de lui-même. Que reste-t-il à cette gauche haineuse qui n’a rien perdu de sa sournoise combativité ? Des escarmouches d’arrière-garde, des combats de francs-tireurs. Les ténors démocrates au Congrès exigent la publication intégrale du rapport Mueller, dont seules les conclusions ont jusqu’ici été divulguées. Ils espèrent y trouver une faille – la faille – qui les consolera de leur défaite.
Mais les démocrates s’estiment être en droit de pousser plus loin les avantages dévolus aux malchanceux : ils réclament la comparution de Mueller et du ministre de la Justice devant une commission de parlementaires. Qu’en attendent-ils ? Sans doute pas grand-chose. Des révélations ? Un faux pas qui les mettrait sur une piste à exploiter ? Surtout une certaine effervescence qui tamiserait leur humiliation. D’autant que Trump ne se prive pas d’en rajouter, dans le registre : « Cela fait deux ans que je vous répète que je suis innocent. » Avant de glisser : « C’est tout de même malheureux de voir le président d’un grand pays traité comme je l’ai été. » Dans les prochaines heures, il s’envolera pour le Michigan. Une grande tournée dans l’Amérique profonde à la rencontre de sa base, de ceux qui n’ont jamais douté de son innocence, de ceux à qui il pourra dire : les fabricants de fausses nouvelles n’ont pas été capables d’inventer de fausses preuves. Car tout est inventé dans cette histoire. Tout, sauf une terrible perte de crédibilité pour les démocrates. Et un mauvais départ pour eux dans cette dernière ligne droite avant la campagne présidentielle qui aboutira en novembre 2020.