April 10, 2019
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Vers un référendum contre la privatisation d’ADP.
218 parlementaires de presque tous les bords, sauf bien entendu les macroniens, et – sauf erreur – ceux du Rassemblement National, ont signé un texte destiné à soutenir la mise en place d’un « référendum d’initiative partagée ». Peut-être est-ce une bonne chose ? Mais les circonstances de sa mise en place ne sont guère encourageantes.
Les Gilets jaunes réclamaient la possibilité d’organiser des référendums décidés par « la base ». En fait, de tels référendums sont déjà possibles mais la procédure à suivre est longue et compliquée : un véritable parcours d’obstacles. Il faut d’abord obtenir le soutien de 185 parlementaires au moins (sénateurs ou députés). C’est l’étape la plus simple, celle qui vient d’être franchie ce mardi. Ensuite il faut que le référendum soit appuyé par 10% du corps électoral. C’est donc une sorte de pétition qui doit avoir recueilli 4,5 millions de signatures d’électeurs.
Mais en toute hypothèse, la démarche doit être validée par le Conseil constitutionnel qui se doit d’écarter tout référendum portant sur un sujet ayant été mis en place dans le cadre d’une loi de moins d’un an. Or la loi Pacte, qui doit être votée cette semaine, prévoit la privatisation des Aéroports de Paris (ADP). Jusqu’à ce mardi, l’obstacle paraissait donc infranchissable. Mais les groupes de l’opposition ont créé une alliance, allant de la France insoumise aux Républicains, pour contrer le gouvernement. Neuf groupes parlementaires sont ralliés à cette initiative, menée à l’évidence par le PS, et renforcée par les communistes et désormais la France insoumise.
La jubilation des communistes, socialistes et insoumis
Les députés et sénateurs LR semblent faire figure d’otages, même si Gilles Carrez, l’ancien président de la commission des finances, et qui ne passe pas spécialement pour quelqu’un de sensible aux sirènes venues de la gauche ni à son terrorisme intellectuel, est partie prenante à la manœuvre.
Les socialistes, communistes et insoumis manifestaient une telle jubilation mardi que Carrez a cru utile de préciser qu’il ne s’agissait pas « de refuser quelque privatisation que ce soit ». Il a aussitôt été contré par les communistes qui entendent, grâce à ce référendum, rappeler que la gauche entend « nationaliser et renationaliser ».
LR avait bataillé pour que les « insoumis » soient exclus de cette démarche droite-gauche à cause de leur proximité avec l’extrême gauche. Mais il y a renoncé, d’autant qu’il avait déjà entériné la présence de signataires du PC, tout aussi d’extrême gauche que LFI. Quant aux députés RN, ont-ils même été sollicités par qui que ce soit ? Certainement non. En tout cas, la liste des 218 signataires ne semble pas comporter la signature de Marine Le Pen.
Et finalement, l’initiative, qui pourrait sembler un coup porté au gouvernement, paraît pour l’instant une bonne opération pour la gauche, à 45 jours des élections européennes, une démonstration de force et d’unité, contre toute attente.
Enfin, le fait que le premier référendum susceptible d’être mis en place sur initiative populaire porte sur une nationalisation, et pas sur l’immigration, sur la fiscalité, sur la souveraineté, sur la peine de mort, sur les questions de bioéthique, sur les outils de lutte contre l’islamisme, le terrorisme, et plus globalement la sécurité, montre que ce dossier est mal engagé, indépendamment du sujet pris pour prétexte : la non-privatisation d’ADP. Présent