April 12, 2019
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La superclasse mondiale et les autres
L’OCDE vient de publier un rapport qui confirme des informations jusqu’ici éparses : nous avons beau avoir constamment à la bouche les discours à la gloire de l’égalité, notre planète évolue vers une distribution des richesses très inégalitaire : ouvriers, employés, techniciens et cadres tendent à converger vers un statut commun, par écrasement progressif mais inexorable, depuis trente ans, des catégories moyennes, tandis qu’une toute petite élite connaît au contraire un enrichissement spectaculaire.
Ce schéma, on le retrouvait autrefois dans les pays de l’Est, mais il tend à devenir la norme. Aujourd’hui, il y a d’un côté les gagnants de la mondialisation, appartenant à la classe dirigeante internationale, et de l’autre côté le peuple, ou plus exactement les peuples. C’est la fameuse « courbe de l’éléphant » des inégalités, identifiée par Branko Milanovic et évoquée plus d’une fois dans les pages économiques de . Les plus bas revenus augmentent progressivement. Les catégories moyennes s’effondrent sous le poids de la fiscalité, sans que les aides sociales leur soient ouvertes. Et il y a enfin la trompe de l’éléphant, dressée vers le ciel : 2 % de la population, qui constitue une superclasse mondiale, toujours plus riche, toujours plus puissante. C’est celle qui accapare la parole dans les médias, les places dans la vie politique et culturelle, celle pour qui le monde est un village et les frontières un scandale.