Affaire des sous-marins: La France ne sait pas vendre et l’Amérique en profite
C’est bien connu, la France a de grands inventeurs, de grands ingénieurs mais de piteux commerciaux. Il semble qu’une nouvelle fois le scénario-catastrophe se soit déroulé, dans l’affaire des sous-marins qui devaient être vendus à l’Australie. Comme souvent…
Il y avait eu l’affaire du Concorde, jadis, torpillé par les américains car mal ”vendu”, puis celle du Rafale, bijou de technologie que nous n’arrivions pas à vendre, si ce n’est, in fine, à des puissances très moyennes, mais surtout celle du char Leclerc, qui n’a été vendu qu’aux Emirats arabes unis, lesquels en ont acheté malgré tout près de 400.
Affaire des sous-marins: La France ne sait pas vendre et l’Amérique en profite
Sûre de l’excellence de ses produits, la France pêche semble-t-il souvent par la médiocre présentation commerciale de ses prouesses technologiques.
Un intermédiaire, qui conseillait Dassault dans la vente des Rafales, se souvient:* “c’était un cauchemar. L’avion est formidable mais le service commercial catastrophique. Les gens de Dassault sont d’une arrogance folle disant notre avion est le meilleur du monde, tant pis si les clients ne le comprennent pas. A l’arrivée les dossiers sont mal ficelés, remis en retard, c’est du travail bâclé.”*
Dans le cas du contrat australien raté, on peut penser que, si les délais de livraison n’avaient pas été rallongés, et si le budget initial de 35 milliards de dollars avait été tenu au lieu de doubler jusqu’à atteindre 60 milliards de dollars, l’Australie n’aurait peut-être pas été tentée de couper court au projet.
Encore eût-il fallu que nos énarques, polytechniciens et ingénieurs des mines aient appris à se remettre en question, ce qui est rarement le cas, et à respecter les délais et les budgets.
La France est accusée d’avoir mal géré ce dossier, et les Etats Unis en ont profité pour constituer leur bouclier anti-chinois, renforcé par la présence de l’Australie.
Ayant constitué le partenariat de sécurité AUKUS, entre pays anglo-saxons, il était compréhensible que l’Australie se tourne vers la technologie américaine et anglaise, d’autant que la France, malgré sa présence géographique dans le Pacifique, ne semble pas toujours considérée comme un partenaire à la hauteur.
Par ailleurs, avec la calamiteuse débandade de l’armée américaine d’Afghanistan, Joe Biden avait l’impérieuse nécessité de se refaire une santé.
L’affirmation de sa détermination à contrer la Chine, avec l’appui sans faille de ses alliés naturels dans cette région à risques, est un signal fort à destination des apétits grandissants de l’empire du Milieu.
La France en a subi les dommages collatéraux encore une fois, mais sans doute est-il grand temps pour elle de se remettre en question, de ravaler son arrogance et de s’atteler à améliorer son approche commerciale. Il en va, en l’occurrence, de l’avenir de notre industrie, militaire notamment, et de notre crédibilité.