December 27, 2019
Agriculture : Quand le bio se tire une balle dans le pied

Tomates, concombres, courgettes, poivrons, aubergines : il va falloir dire adieu à ces produits sous le label biologique en hiver. Le comité national de l’agriculture biologique a décidé d’interdire la commercialisation de ces produits cultivés sous serre chauffée avec le label AB… Une décision qui ouvre une nouvelle brèche dans la concurrence déloyale de la mondialisation.
La chasse au bio continue
Après des campagnes de dénigrement régulières sur les produits issus de l’agriculture biologique, la nouvelle attaque provient désormais du comité national de l’agriculture biologique lui-même. En effet, une récente décision vient interdire la commercialisation avec le label AB des produits d’été cultivées sous des serres chauffées. Une décision qui pourrait s’entendre du point de vue écologique au regard de l’impact de la consommation d’énergie pour chauffer les cultures, mais qui fait fi de la situation de l’agriculture française, en proie à une concurrence mondiale féroce.
Une mesure appliquée uniquement aux produits français
En effet, cette mesure franco-française ne s’appliquera donc qu’aux produits français. Autrement dit, les produits biologiques issus d’autres pays de l’Union Européenne, ainsi que d’autres pays dans le monde, aux critères souvent moins exigeants, garderont quant à eux toute leur place sur les étals certifiés bio.
Par ailleurs, dès le 1er janvier 2020, les exploitations produisant selon les critères de l’agriculture biologiques devront respecter l’obligation de n’utiliser que des énergies renouvelables pour chauffer leurs serres. Une injonction qui vient donc contredire le premier argument du comité national de l’agriculture biologique qui justifiait sa décision par la nécessité de respecter les cycles naturels et les saisons des produits.
En résumé, les consommateurs, qui continueront quoi qu’il en soit à acheter des tomates ou des aubergines en hiver, devront se détourner du marché français s’ils souhaitent consommer des produits bio. De même, les producteurs français qui auront été privés du label tout en continuant de respecter les critères sanitaires imposés par ce dernier devront quant à eux subir un important manque à gagner dû à la différence des prix entre produits bio et produits conventionnels. Le tout, alors même que les tomates espagnoles, au hasard, pourront toujours arborer leur label biologique et être vendues plus cher puisque la décision du comité national n’a aucune incidence sur les importations…