L’Amazonie s’embrase. Depuis plus de deux semaines, un gigantesque incendie ravage la forêt sur le territoire brésilien. Une catastrophe qui s’inscrit dans une année noire où les feux ont augmenté de plus de 80% depuis janvier.
Avec sa superficie de 5,5 millions de kilomètres carrés, dont plus de 3 millions au Brésil, la forêt amazonienne héberge plus de la moitié de la biodiversité mondiale et absorbe 14% des émissions de CO2 mondiales. Malgré ce gigantisme, le poumon vert est menacé. Si les incendies ont toujours rythmé la vie de ces espaces, la cadence des flammes s’est accélérée ces derniers mois. Depuis janvier, ils ont bondi de plus de 83% par rapport à 2018, avec plus de 72 000 départs de feu recensés par l’INPE, l’institut national de recherche spatial brésilien. Au mois de juillet, plus de 1300 km2 ont été détruits par les flammes, l’équivalent de la surface du Luxembourg.
Amazonie : le poumon part en fumée
Le 19 août dernier, les fumées de l’incendie qui court désormais depuis près de trois semaines ont même plongé Sao Paulo dans le noir, alors même que la ville est à 2700 km. Une catastrophe qui pousse de nombreux commentateurs à pointer du doigt le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, favorable à l’utilisation de ces terres.
Le déforestation en cause
En effet, si la sécheresse favorise tout particulièrement les incendies, cette année n’est pas particulièrement aride. En revanche, l’exploitation de la forêt complique sérieusement la situation.
Les processus de déforestation se font souvent avec des défrichements par brûlis, et même si la pratique est interdite en cette saison, il semble qu’elle soit illégalement employée… L’objectif est alors de transformer des terrains boisés en zones d’élevage ou de culture, en profitant d’une terre fertilisée après le passage des flammes. Mais les manœuvres sont parfois mal contrôlées et elles peuvent dégénérer en gigantesque incendie très difficile à endiguer.
Les peuples autochtones toujours plus menacés
Et si les exploitants peuvent toutefois se frotter les mains d’avoir bientôt des terres cultivables, d’autres se réjouissent moins. En effet, la forêt amazonienne héberge non seulement une flore et une faune incroyables, mais elle est aussi l’habitat traditionnel de nombre de peuples indiens autochtones. En 2000, un recensement avait estimé la population indigène non assimilée, c’est à dire n’ayant pas adopté la culture occidentale, à 700 000 personnes.
Pour la plupart des indiens, la forêt n’est pas seulement une zone où s’installer. En effet, des croyances particulièrement ont tissé des liens bien particuliers entre ces hommes et la nature qui les entoure.
Vivre tranquille sur son territoire. Un droit qui semble aujourd’hui de plus en plus inatteignable pour les autochtones du monde entier. En réaction aux incendies, Jair Bolsonaro, qui considère les réserves autochtones comme un frein au développement industriel, a laissé entendre que des ONG pourraient être à l’origine des départs de feu pour lui nuire et obtenir des subventions. Quoi qu’il en soit, le ministre de l’environnement, Ricardo Salles, a expliqué que le gouvernement brésilien avait déployé tous les effectifs et les avions nécessaires pour lutter contre les incendies.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.