July 04, 2022
André Ventura président du parti politique portugais Chega : "Le Portugal est passé du pays d'émigration, qu'il a été durant des décennies, à un pays d'immigration"

André Ventura est le dirigeant du parti nationaliste portugais Chega (Ça suffit), qui compte 12 députés. Il a été candidat à l’élection présidentielle portugaise de 2021 et a obtenu près de 12 % des voix. Lionel Baland l’a rencontré pour Breizh-info.
****Breizh-info : Votre parti a percé électoralement au Portugal alors que cela ne semblait pas du tout évident au départ. Comment expliquez-vous ce résultat ? ****
André Ventura : Oui, de nombreuses personnes ont pensé que cela n’arriverait pas. Nous sommes désormais le troisième parti du Portugal, derrière les socialistes et les sociaux-démocrates et nous espérons devenir très rapidement les deuxièmes.
La raison de ce succès est que la population n’est pas contente. Elle est en colère à propos de différentes choses qui se sont déroulées au cours de la dernière décennie au Portugal : la corruption, les bas salaires en comparaison avec d’autres pays et les conditions économiques. Les Portugais se rendent comptent que des pays de l’Est, qui ont rejoint l’Union Européenne nettement plus tard que le Portugal, connaissent une croissance économique plus rapide et plus forte que celle de ce dernier. Les gens tiennent les partis du système, les socialistes et les sociaux-démocrates qui ont dirigé alternativement les gouvernements successifs, pour responsables de cette situation. Le peuple désire un changement réel et cela explique pourquoi Chega a un si bon impact auprès de la population et croît tant.
****Breizh-info : Le Portugal rencontre-t-il un problème d’immigration ? ****
André Ventura : Nous en avons un, mais il n’est pas, par exemple, comparable à celui que connaît la France. Nous sommes passés du pays d’émigration, que nous avons été durant des décennies, à un pays d’immigration.
Nous ne sommes pas opposés à toute immigration et aux immigrants. Nous désirons que les personnes qui viennent travaillent, payent leurs impôts et prennent part à notre vie commune et ne détruisent pas notre culture et ne vivent pas des allocations de la sécurité sociale émanant de l’État et des contribuables.