February 01, 2020
Mila: Après avoir critiqué l'islam, la lycéenne menacée de viol et de mort ne peut toujours pas retourner au lycée. La scolarisation à domicile est envisagée

Inondée de menaces de mort et de viol sur les réseaux sociaux, Mila, la jeune lycéenne iséroise de 16 ans dont les critiques sur l'islam ont été massivement relayées, se retrouve sans affectation scolaire, dans l'attente d'une solution du rectorat. Cloîtrée chez elle, dix jours après la publication de sa critique controversée de l'islam, son avocat Me Richard Malka affirme qu' «On n'arrive pas à trouver un établissement dans lequel on pourrait assurer sa sécurité, c'est vertigineux», en rappelant qu'elle n'avait commis aucun délit.
En lien avec la famille, le rectorat de l'académie de Grenoble s'est mis en quête d'une solution. «Plusieurs options sont sur la table», indique à l'AFP Aymeric Meiss, directeur de cabinet de la rectrice de l'académie de Grenoble, sans préciser si un retour dans son lycée est envisagé. En attendant, l'académie de Grenoble a affirmé au Monde que la «continuité pédagogique, à distance, [était] assurée».
Une scolarisation à domicile envisagée
Mais quelles options pourraient être envisagées pour la jeune fille dont le visage est désormais connu ? «Il n'y a malheureusement pas de solutions miracles», reconnaît Olivier Raluy, secrétaire national CPE au Snes-FSU qui évoque la possibilité d'une scolarisation à domicile, «le temps que les choses retombent». Deux possibilités dans ce cas : «soit elle prend des cours à distance par le Cned, soit une équipe d'enseignants se relaie chez elle», ajoute le syndicaliste. Autre option : changer d'établissement. Sans garantie que cela suffise. «Une chose est sûre : le rectorat va devoir faire du sur-mesure», estime Rémy-Charles Sirvent, secrétaire national du SE Unsa au secteur laïcité. «Car à ma connaissance, une situation de harcèlement de cette ampleur ne s'est jamais présentée auparavant pour un élève».