May 26, 2019
Attentat de Lyon : de nombreuses zones d'ombres demeurent

Au lendemain de l’attentat au colis piégé qui a fait 13 blessés à Lyon devant un établissement de la Brioche Dorée, de nombreuses zones d’ombre subsistent plus de 24 heures après les faits. Voici ce que l’on sait, pour le moment, de cette attaque, sur laquelle une centaine d'enquêteurs se penchent actuellement.
Les Faits :
Un colis piégé a explosé à 17h28 vendredi devant une boulangerie de la rue Victor Hugo à Lyon. L'analyse des caméras de vidéosurveillance de la ville a permis de reconstituer l'itinéraire du suspect, minute par minute:
- 17h19: un homme est aperçu au niveau du quai Claude Bernard, se déplaçant sur un vélo. À 17h20, l'individu emprunte le trottoir sur le quai de la Guillotière avant d'arriver place Antonin Poncet (à 17h22). À 17h25, le suspect est repéré dans la rue Victor Hugo, cette fois en train marcher et de pousser son vélo. À 17h26: Il dépose son vélo contre un bloc de béton devant la boulangerie Brioche dorée. À 17h27, on le voit remonter sur son vélo en direction de la place Bellecour, laissant sur place "un sac en papier kraft" qu’il a laissé sur le bloc de béton. Un peu moins de deux minutes plus tard, une explosion survient (à 17h28 et 39 secondes).
D'après le procureur de Paris, Rémi Heitz, le suspect serait reparti en prenant le même itinéraire.
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Reconstitution de l'itinéraire supposé du suspect à partir des déclarations du procureur de Paris. (LeFigaro)[/caption]
Le suspect toujours recherché
Depuis vendredi soir, la police a lancé un appel à témoin et diffusé photos du suspect, prises par une caméra de vidéosurveillance de la ville. Les enquêteurs seraient en train d'exploiter des dizaines de témoignages.
https://twitter.com/PoliceNationale/status/1132330878208757766?s=20
Selon les premières informations, l'individu serait «porteur d’une chemise vert foncé», d’un «bermuda clair», d’un sac à dos et de chaussures noires. «Son visage était dissimulé sous une casquette de couleur kaki et par des lunettes de soleil», précise le procureur. Cet attaque n’a toutefois pas été revendiquée. «Tous les moyens sont mis en œuvre pour l’arrêter», a-t-il toute fois ajouté.
Un ADN retrouvé
Selon Rémi Heitz, un ADN a retrouvé sur le sac du colis piégé, mais ce dernier n’aurait pas été identifié et rien n'indique pour l'heure qu’il s’agisse de celui du suspect. L’explosif utilisé pourrait être du TATP (triperoxyde de triacétone). Pour rappel, ce type d'explosif composait les ceintures explosives des terroristes lors des attentats du 13 novembre en France, mais aussi les bombes de Bruxelles le 22 mars 2016.
Le procureur a aussi évoqué la composition de cette bombe artisanale : «Sur le sol, à proximité, des vis de 2 cm, des billes en métal, sept piles LR6 et un circuit imprimé ont été retrouvés», en précisant qu’un dispositif permettant de déclencher l’engin à distance (via un téléphone) avait également été retrouvé par les enquêteurs.
Une centaine d'enquêteurs se penchent actuellement sur l'attaque de vendredi, toutefois, pour le ministre de la Justice Nicole Belloubet : «Il est trop tôt pour qualifier l’acte de terroriste». «Effectivement, le parquet de Paris en charge de la lutte contre le terrorisme a été saisi, il a ouvert une enquête pour ‘association de malfaiteurs terroristes’, mais il faut attendre les résultats de cette enquête, confiée à la direction de la police judiciaire pour qualifier cette enquête», a-t-elle ajouté.