February 18, 2023
Auchan "dément catégoriquement" les accusations d'avoir contribué à l'effort de guerre russe

«Auchan Retail dément catégoriquement les faits relatés par cette enquête et leur interprétation», a déclaré ce 17 février dans un communiqué Auchan Retail, qui chapeaute l'activité de distribution du groupe, à propos d'une enquête menée par le Monde, selon laquelle Auchan aurait contribué à l'effort de guerre russe en Ukraine.
Ces allégations «ne sont nullement corroborées par la réalité de [nos] recherches internes qui confirment, elles, le strict respect des réglementations en vigueur», affirme également Auchan Retail, cité par l'AFP. Le groupe «réaffirme donc que ses magasins restés ouverts en Russie le sont pour permettre à la population russe (comme c'est le cas par ailleurs en Ukraine pour la population ukrainienne) de se nourrir et qu’ils n’apportent aucune aide volontaire et active à un quelconque approvisionnement d'autres catégories de consommateurs que la population civile russe».
(...) Selon des documents obtenus par le journal français Le Monde, en collaboration avec le site d’information russe The Insider – opérant depuis la Lettonie – ainsi que le controversé groupe d’investigation lié au gouvernement britannique Bellingcat (tous deux classés comme agents de l’étranger en Russie), une collecte de produits d'une valeur totale de 2 millions de roubles (environ 25 000 euros) aurait été organisée au sein de la filiale locale d'Auchan en Russie à destination des militaires russes. L'enquête cite une source anonyme ayant déclaré que ce chargement aurait été offert gratuitement par Auchan.
Selon* Le Monde*, une contrôleuse de gestion pour Auchan avait établi une liste de matériel le 15 mars 2022 dans un mail envoyé «à une vingtaine d'employés dans plusieurs magasins à Saint-Pétersbourg, dans l'ouest de la Russie, dans le but de "collecter des dons d'aide humanitaire"». Cette liste comprenait «des milliers de cigarettes, des chaussettes en laine taille 43 ou 44, des cartouches de réchauds à gaz, du ragoût de porc en conserve, des haches et des clous, le tout provenant du stock de l'enseigne», poursuit le quotidien. Ce dernier cite enfin un ex-employé «devenu lanceur d’alerte, aujourd’hui en exil», qui affirme que selon les dires d’une de ses responsables, cette aide aurait finalement été «destiné[e] à l’“opération spéciale”».