January 09, 2019
BFMTV, les mal-aimés

(...) A les entendre, ce sont des victimes, et il faut les comprendre ; la pression est énorme, car LCI les rattrape en termes d’audience. Le président de la Société des journalistes de la chaîne, François Pitrel, s’explique : « On peut nous critiquer, mais frapper des journalistes qui couvrent un mouvement, c’est au-delà de ce qu’on peut tolérer dans une démocratie. Ces violences sont le fait d’une minorité de manifestants, certes, mais c’est systématique depuis des semaines : des insultes, des menaces, des agressions… ». En clair : « c’est pas du jeu ! », on peut salir un mouvement, ses participants, ses représentants ; on peut désinformer sur des actions ; on peut, pour plaire à un pouvoir de plus en plus honni de la population, dérouler le tapis rouge à ses personnalités et écouter béatement ses discours monocordes, mais recevoir en retour de bâton l’hostilité de ceux que l’on maltraite, c’est inacceptable. Se contempler dans un miroir n’est pas toujours facile, surtout quand on porte le masque de traître à l’élan national.
(...) Sans s’en rendre compte, ces journalistes vivent dans un monde totalement coupé de la réalité. Selon la directrice de la rédaction, Céline Pigalle : « Ce qui rend les choses insupportables pour les journalistes sur le terrain, c’est ce mouvement qui dure depuis deux mois et demi, avec de telles agressions. En même temps, que dirait-on si on ne rendait pas compte de cette situation, qui pose beaucoup de questions pour nos concitoyens ? » Manifestement Céline Pigalle a une haute idée de sa mission, mais de quoi rendent-ils compte aux concitoyens, si ce n’est de la propagande concoctée par le service de communication de l’Elysée, de qui se moque-t-on ?
(...) Présent