March 25, 2020
Boko Haram : la riposte - Olivier Frèrejacques

Quelques jours après la perte d’une cinquantaine de jihadistes, l’organisation terroriste se revendiquant de l’islam Boko Haram, aurait tué une centaine de soldats tchadiens dans des îles marécageuses du bassin du lac Tchad à la frontière du Nigéria, du Niger et du Cameroun. En tout, 92 militaires réguliers auraient péri dans une attaque perpétrée dans la nuit de dimanche à lundi, selon le chef d’Etat tchadien Idriss Déby. Des officiers tchadiens évoquent discrètement un bilan bien plus lourd, du vol de matériels et de potentielles prises d’otage. Depuis 2009 et les premières exactions de Boko Haram, organisation ayant fait allégeance à Daesh en 2015, l’insurrection djihadiste aurait fait 36 000 morts pour 2 millions de déplacés. Face à cette menace, les pays victimes de Boko Haram se sont unis derrière la bannière des Forces Multinationales Mixtes regroupant des forces béninoises, camerounaises, nigériennes, nigérianes et tchadiennes. Forte d’effectifs oscillant entre 7 et 10 000 hommes, l’organisation terroriste arrive cependant à prospérer à la faveur de la corruption régnant dans ses pays d’actions ainsi que de trafics en tout genre.
A la frontière entre mouvement social, secte animiste et organisation jihadiste, Boko Haram ne relève pas des mêmes ressorts idéologiques et culturels que des organisations islamistes arabes et asiatiques, ce qui participe de la confusion autour de son fonctionnement. Idéologiquement loin du wahhabisme, Boko Haram est un ensemble hétéroclite où se mêlent pratiques dévoyées de l’islam et magie africaine.
Olivier Frèrejacques