December 11, 2019
Brexit : les Britanniques vont-ils sortir de l’impasse?

Jeudi, les Anglais sont appelés aux urnes pour élire les nouveaux représentants de la Chambre des communes. Si les conservateurs de Boris Johnson obtiennent une majorité, l’accord de sortie de l’UE pourra être ratifié. De quoi avancer vers le Brexit, plus de trois ans et demi après le vote des Britanniques.
Il ne crie pas encore victoire mais l’avenir s’éclaircit pour Boris Johnson
A la veille des élections législatives anticipées, le premier ministre élu avec l’intention ferme de mener à bien le Brexit est donné gagnant dans les sondages Yougov. Avec 43% contre 34% pour les travaillistes de Jeremy Corbin, Boris Johnson pourrait, malgré une baisse dans les intentions de vote, rafler la mise avec une majorité de 339 sièges sur 650. Une petite majorité absolue qui permettrait au successeur de Theresa May de remplir son contrat : faire sortir la Grande-Bretagne de l’Union Européenne, conformément au vote des Britanniques en juin 2016, il y a déjà plus de 3 ans. Un long chemin rythmé par plusieurs scrutins qui auront tous été autant d’obstacles pour la mise en oeuvre du divorce.
Pourtant, cette fois, la donne semble bel et bien avoir changé. Lassés par les interminables débats, les Britanniques semblent enclin à en finir une fois pour toute avec Bruxelles. Le "Brexit Party" de Nigel Farage a également joué en sa faveur. En effet, le brexiter historique a fait le choix de ne pas présenter de candidat face aux conservateurs clairement favorables au Brexit. De son côté, Boris Johnson s’est particulièrement investi dans cette élection qui peut lui offrir les coudées franches, quitte à faire dans la dérision :
Brexit, actually. pic.twitter.com/4ryuh19c75
— Boris Johnson (@BorisJohnson) December 9, 2019
Une pointe d’humour mais aussi de fermeté. D’ailleurs, nombreux de ses contradicteurs, notamment dans les médias du système, majoritairement européistes, estiment que Boris Johnson fait des entorses à la réalité. Il faut avouer que sans la victoire du camp conservateur à ces élections législatives, le Brexit a peu de chance de voir le jour. Pour autant, la victoire du camp "BoJo" n’est pas non plus synonyme de sortie de crise instantanée… En effet, si une majorité à la chambre des Communes lui permettra de faire voter l’accord conclu avec Bruxelles, il restera encore bien d’autres détails à définir. Si le Brexit est prévu pour le 31 janvier prochain en cas de vote de l’accord par la majorité, il faudra en effet s’entendre sur les différents échanges commerciaux à venir.
Un volet qui inquiète en partie l’Ecosse, dont les représentants à la fois européistes et indépendantistes, veulent se saisir pour tirer la couverture. Du côté de l’Irlande, les partisans de la réunification du pays, voient également une aubaine.
Il faut avouer que Jeremy Corbin, figure de proue du Labour et principal opposant de Boris Johnson, n’affiche pas un programme très clair. Prétendument en faveur du Brexit, il refuse toutefois l’accord négocié avec Bruxelles. En cas de victoire, il a annoncé vouloir rediscuter avec les instances européennes et soumettre à la fois le nouveau texte au référendum, mais aussi la possibilité de rester au sein de l’Union Européenne… Une attitude qui devrait resserrer les rangs chez les Brexiters qui veulent en finir...
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés** de ce soir