February 24, 2019
Ces Français oubliés, qui ont subi la terreur japonaise

Guillaume Zeller, journaliste, a déjà publié Oran, 5 juillet 1962. Un massacre oublié (2012) et La Baraque des prêtres. Dachau, 1938-1945 (2015). Il se penche cette fois, avec Les Cages de la Kempetaï, sur l’offensive japonaise en Indochine, en mars 1945, quelques mois avant la capitulation japonaise. Les Japonais s’emparent de l’Indochine française lors d’un coup de force, ponctué de nombreux massacres. Des milliers de Français, civils ou militaires, sont déportés dans des camps, incarcérés dans des prisons ou assignés à résidence. Ces hommes et ces femmes connaissent des conditions de détention effrayantes dans les cachots et bagnes qui jalonnent la péninsule du nord du Tonkin jusqu’au sud de la Cochinchine. Sous la surveillance de la Kempeitaï, surnommée la “Gestapo japonaise”, ils participent à des travaux harassants, souffrent de la faim et de la soif, subissent coups et tortures quand ils ne sont pas entassés dans des cages à tigres fétides d’où ils ne voient jamais le jour. On estime que plus de 3 000 Européens sont morts pendant cette période.
Les rescapés, dont les grands-parents de l’auteur, demeurent pourtant oubliés, écrasés entre la libération de la métropole et la guerre d’Indochine qui s’annonce, quand ils ne sont pas soupçonnés de complaisance envers le régime de Vichy. Plus de 70 ans après, ce livre leur rend hommage. Ainsi, le général Decoux, commandant en chef des forces navales en Extrême-Orient et gouverneur général de l’Indochine française demeura sous la garde des Japonais jusqu’au 30 septembre 1945.