September 15, 2021
Christo, roi de l’empaquetage

Quelle frustration d’enfant l’artiste contemporain Christo a-t-il donc subie pour montrer ainsi une telle obsession du paquet? Mystère.
Voilà maintenant que, même mort et enterré, il sévit encore une fois et s’attaque, pour l’empaqueter, à l’un de nos monuments les plus symboliques de la grandeur française, notre Arc de triomphe. C’était un vœu qu’il avait formulé de son vivant et auquel répondent aujourd’hui certains de ses comparses, avec l’accord de la ville de Paris bien sûr, toujours aux aguets d’une œuvre originale.
En 1962, date de la première demande d’empaquetage de l’Arc, Christo avait essuyé un refus martial de la part de Charles de Gaulle, dont on imagine la mimique à la perspective de cette hérésie. Les temps ont évolué et les standards artistiques ont changé de repères.
La “chose” sera visible du 18 septembre au 3 octobre, vous pourrez continuer à payer votre ticket d’entrée pour admirer l'œuvre.** Il semble que l’espace situé sous l’Arc de triomphe, réservé à la tombe du Soldat Inconnu et où brûle en permanence la Flamme de la Nation n’ait pas été compris dans l’empaquetage final**. Ouf.
Pour justifier sans doute l’intérêt de son œuvre, Christo disait :* “Ce sera comme un objet vivant qui va bouger dans le vent, la surface du monument va devenir sensuelle, les gens auront envie de toucher l’Arc de triomphe.”* Voilà les arguments qui ont séduit nos dirigeants d’aujourd’hui.
Pas sûr que les Généraux et Maréchaux morts au Champ d’honneur et leurs familles, dont les noms sont gravés sur les quatre piliers de l’Arc se sentent honorés de ces attouchements et de cette sensualité populaire.
C.H