November 08, 2019
Conflit au Yémen, une sortie de crise envisagée

Après 4 ans de conflit au Yémen, l’Arabie Saoudite a engagé des pourparlers avec les rebelles houthis. Une annonce faite après la signature d’un accord de partage du pouvoir au sud du pays laissant envisager une possible sortie de crise.
Des pourparlers pour régler le conflit au Yémen
Mercredi, un haut responsable saoudien a indiqué que l'Arabie Saoudite avait entrepris des pourparlers avec ses ennemis, les rebelles houthis, pour mettre un terme à un conflit qui a ravagé l’un des pays les plus pauvres du monde. Depuis 2015, les affrontements sont ininterrompus entre d'un côté, les houthis, une branche minoritaire du chiisme, accusés d’être soutenus par l’Iran, et l'Arabie Saoudite, grand financier des causes sunnites militaires et terroristes. Les affrontements entre les deux belligérants auraient causé la mort de plus de 100 000 personnes, dont environ 12 000 civils. À cela s'ajoute la grave crise humanitaire qui touche le pays. Selon l'ONU, 80% de la population du Yémen aurait aujourd’hui besoin d'une assistance et d'une protection.
Cette annonce de proposition de pourparlers a été perçue comme une main tendue vers l'apaisement d'autant qu'elle est intervenue au lendemain de la signature à Riyad d’un accord de partage du pouvoir dans le sud du Yémen, parrainé par l’Arabie saoudite. L’accord met théoriquement fin au conflit entre le gouvernement soutenu par Riyad et les séparatistes du Conseil de transition du sud (CTS), appuyé par les Émirats arabes unis, partenaires de l’Arabie dans la coalition internationale à laquelle participent les États-Unis et la France contre les insurgés houthistes.
Si aucune disposition de l'accord n'a été rendue publique, il prévoit un remaniement du gouvernement pour y intégrer des représentants du CTS et l’intégration de dizaines de milliers de combattants séparatistes dans les rangs loyalistes, sous la tutelle des ministères de la Défense et de l’Intérieur. Un accord salué par l'Arabie Saoudite qui semble avoir pris conscience qu'aucune issue militaire n'était possible dans la zone. Selon Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense qui interviendra dans notre**JT de ce soir**, ces avancées font surtout suite à un changement de contexte dans la région, notons par exemple la fin du conflit dans le nord de la Syrie. Une situation qui a changé la donne et notamment la place stratégique de la Turquie dans la région.
Si une sortie de crise définitive n’est pas encore acquise, l’ensemble des acteurs directs et indirects ont salué les avancées. C’est le cas de la France, largement impliquée dans le conflit, notamment via la vente d’armes à l’Arabie Saoudite, et dont une partie aurait été utilisée contre des civils dans le conflit yéménite.