February 06, 2020
Coronavirus : l’économie chinoise mise à mal

Alors que l’épidémie de Coronavirus a fait plus de 560 morts en Chine, la crise sanitaire contamine également l’économie du pays. Les conséquences s’annoncent majeures dans la région, faisant planer un doute sur l’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo l’été prochain.
Le coronavirus fait tousser l'économie chinoise
Plus de 560 morts, 28 000 personnes contaminées et une économie menacée, la Chine est désormais paralysée par l'épidémie de coronavirus. Si sur le point de vue sanitaire, le bilan est désormais plus lourd dans le pays que pour l’épidémie de SRAS qui a frappé l’Empire du Milieu en 2002 et 2003, les conséquences ne s'arrêtent pas là. En effet, la deuxième économie mondiale tangue également sur le plan financier. Les grandes artères chinoise, habituellement saturées par les voitures, les vélos, les piétons, sont désormais désertes, la quasi-totalité des commerces est fermée et les usines tournent au ralenti quand certaines sont à l’arrêt.
Toutes les grandes enseignes internationales ont baissé leur rideau de fer et le trafic aérien chinois est en chute de 80% sur une période où il est en principe au plus haut à cause des congés annuels du Nouvel An. Par ailleurs, toutes les entreprises qui travaillent avec le géant asiatique se retrouvent en difficulté. Airbus a par exemple annoncé qu’il fermait temporairement son usine d’assemblage située à Tianjin, une ville voisine de Pékin. Des difficultés qui se traduisent sur le marché boursier, les bourses de Shanghai et de Shenzen sont en chute libre depuis quelques jours, au point de perdre plus de 8 % lors de leur réouverture lundi, après dix jours d’arrêt.
Déjà affecté par le ralentissement de la croissance mondiale et la guerre commerciale avec les Etats-Unis, Pékin doit donc composer avec une épidémie aux lourdes conséquences pour le fonctionnement de l’économie du pays mais également donc au niveau mondial. Sur ce point, elles ne sont pas toutes négatives puisque la forte chute de la demande de pétrole chinoise a fait baisser le prix de l'or noir de 20% depuis le début du mois de janvier. Face à l'inquiétude grandissante, les autorités ont affiché leur volonté de soutenir l’activité. La Banque centrale a notamment injecté le 3 février l’équivalent de 156 milliards d’euros de liquidités dans le système financier. Elle a également baissé le taux pour ses prêts à court terme aux banques commerciales. Cependant, difficile de prévoir où s'arrêteront les conséquences et quel véritable impact l'épidémie causera sur le long terme. La prudence reste néanmoins de rigueur et certains voisins comme le Japon se montre extrêmement inquiet. Mercredi, le patron du comité d'organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, Toshiro Muto, a admis que l'épidémie de coronavirus qui gagne en ampleur en Chine était un motif d'inquiétude "extrême" pour l’intérêt et l’enthousiasme des prochains Jeux.
De la à remettre en cause l'organisation pas encore, mais le Comité Olympique internationale se montre particulièrement prudent, d'autant qu'au Japon, au moins dix personnes sur un bateau de croisière sont contaminées par le virus et les autorités japonaises ont porté à 14 jours la période de quarantaine des quelque 3 700 passagers et membres d’équipage.
Ce sujet sera abordé lors du **JT de TV Libertés **de ce soir.