April 01, 2020
Des sanctions à deux vitesses - Thibault Bastide

Christophe Castaner refait surface. Après 2 semaines de confinement, le ministre de l’intérieur a dressé un bilan d'étape du dispositif servant à assurer le respect du confinement face à l'épidémie de coronavirus. Ce mercredi, il a affirmé que quelque 5,8 millions de contrôles ont été réalisés et 359 000 procès verbaux dressés partout en France. Des verbalisations mais également des condamnations. Mardi, un Calaisien de 20 ans a été condamné à deux mois de prison ferme pour avoir violé à répétition le confinement imposé par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus, selon le parquet de Boulogne-sur-Mer.
Le mis en cause, très connu des services de la police et de la justice a commis «huit violations du confinement».
Une application des sanctions dont s’est félicité le locataire de la Place Beauvau qui a également tenu à saluer le travail effectué par les forces de sécurité. Par ailleurs, Christophe Castaner a évoqué l’épineux sujet des vacances de Pâques. Pour s’assurer que les Français concernés par le début vendredi soir des vacances scolaires de printemps,** le ministre de l’intérieur a indiqué avoir renforcé les contrôles** sur les grands axes routiers, mais aussi dans les aéroports et les gares où l’offre ferroviaire est réduite à 6% de sa capacité. Il a également demandé aux préfets concernés de vérifier le niveau des locations saisonnières dans les zones touristiques.
Une apparente fermeté qui ne s’applique pas à tout le monde.
Si Christophe Castaner souhaite se montrer ferme pour faire respecter les règles de confinement,** tout le monde ne semble pas soumis au même régime**. En effet, dans certains quartiers dits sensibles, les consignes sont allégées pour éviter un embrasement des banlieues. Il y a quelques jours, le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, a été accusé d’avoir, au cours d’une visioconférence, incité des préfets à ne pas faire preuve de trop de zèle dans les cités. Un traitement de faveur pour maintenir une paix sociale très précaire. Dans ces quartiers, les procès verbaux sont rares et les condamnations en cas de violations répétées inexistantes. Pire, le ministère de la Justice a relaxé des détenus dont certains ont déjà récidivé.
Dans ce contexte, Christophe Castaner peut se montrer particulièrement ferme avec les Français pourvu que les banlieues restent sages.
Thibault Bastide