Entreprises exportatrices : Bercy tente de limiter la casse - Pierre Bergerault
Vituculture, automobile, luxe… les entreprises exportatrices sont elles aussi victimes du ralentissement de l’économie mondiale. Pour tenter de sauver les meubles, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a dévoilé ce mardi matin les contours d’un plan d’urgence qui vient en plus des mesures de soutien aux entreprises annoncées les semaines précédentes. L’objectif, déclare le ministre, est de sécuriser leur trésorerie et d’assurer leur rebond à l’international face à un risque de concurrence exacerbé en sortie de crise.
Entreprises exportatrices : Bercy tente de limiter la casse - Pierre Bergerault
Dans le détail, Bercy prévoit des garanties de l'Etat à hauteur de 90% « pour les cautions et les préfinancements de projets exports » contre 80% initialement. L'État garantira aussi l'assurance des factures et des créances, non plus sur 17 pays mais sur tous les pays du monde. De leur côté, les assurances-prospection, contre le risque d'échec des démarches à l’étranger, en cours d'exécution, seront prolongées d'un an.
Autant de mesures prises par le ministre pour faire face à l’arrêt des échanges internationaux après le ralentissement de la Chine en début d’année. L’économie va donc devoir composer avec une demande en baisse mais il reste très difficile de mesurer** l’impact sur le PIB français** en raison de l’interdépendance entre chaînes de production et chaînes d'approvisionnement.
Néanmoins, selon l’Institut des politiques publiques, les mesures de confinement prises par Pékin feraient chuter la croissance française de 0,3%. Surtout que nombre d’entreprises françaises sont impliquées dans le commerce mondial. De son côté, l'OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques, suppose un effet neutre sur la balance commerciale : la baisse des exportations compenserait la baisse des importations.
Enfin,** la propagation du virus dans les États d’Afrique** pourrait décupler les problèmes. Ils pourraient notamment être fragilisés par la chute du prix des matières premières comme le pétrole, dont ils sont dépendants. Le ministre de l’économie a donc proposé de leur apporter une aide massive dans le cadre du G20. Une aide qui passerait par des crédits plus importants, au risque de maintenir ces états dans la dépendance des prêteurs internationaux, et tout cela avec l’aval du FMI et de la banque mondiale.