May 20, 2019
Eurovision : le triomphe de la normalité ?

Après des semaines de propagande pour faire accepter le candidat français Bilal Hassani, le verdict de l’Eurovision est tombé : les votants ont finalement préféré une chanson ordinaire sans revendication communautaire et un chanteur non travesti. La fin d’un temps ? Peut-être bien !
Bilal Hassani, roi de la communauté LGBT
Roi de la communauté LGBT peut-être, mais pas roi de la soirée! Bilal Hassani, produit marketing ultra emballé pour l’Eurovision aura finalement raté sa cible. Avec une 14ème place au concours, le matraquage médiatique autour du candidat français d’origine maghrébine ouvertement homosexuel n’aura pas finalement pas suscité l’admiration des votants…
Avec une mise en scène sensée évoquer la tolérance pour lutter contre l’homophobie, la transphobie, la grossophobie et bien d’autres phobies, la prestation n’aura pas su séduire. Pas même le mélange de français et d’anglais dans les paroles…
Pourtant, Bilal Hassani était jugé grand favori par tous les commentateurs français, éberlués par tant de talent. Un talent qui n’aura donc pas convaincu par delà les frontières. C’est en effet le candidat des Pays-Bas, Duncan Laurence, qui a remporté la 64ème édition de l’Eurovision avec une ballade jouée au piano… Sans grande saveur mais avec plus de pudeur toutefois. Après sa victoire, le chanteur néerlandais s’est prêté au jeu de la conférence de presse à merveille en diffusant un message de tolérance à l’égard des populations homosexuelles.
La politique au cœur de l'Eurovision
Au delà de l’aspect musical du concours, la politique est donc au coeur de l’Eurovision. Organisée cette année en Israël, eu égard à sa victoire de l’an dernier, la “cérémonie” n’a pas pu faire l’impasse sur les critiques relatives au conflit israélo-palestinien. Le groupe islandais Hatari est en effet parvenu à déployer des banderoles avec le drapeau palestinien alors qu’il était à l’antenne… De même, la chanteuse Madonna a également envoyé un message subliminal en insérant dans les images de son clip, un homme et une femme marchant dans la même direction avec respectivement un drapeau des deux pays dans le dos. Une image qui n’a pas particulièrement plu à Miri Regev, le ministre de la culture de l’état hébreu.
Au final donc, une compétition censée être européenne qui voit se disputer des nations des quatre coins du monde en terre orientale, des chanteurs faisant une compétition de tolérance et des apparences de divertissement pour des coups de boutoirs de la tolérance ad nauseam… L’Eurovision reste donc sur ces constantes dont une dont on peut s’enorgueillir : la France a encore perdu.