September 27, 2019
Féminicide : les Européennes représenteraient environ 1 % des victimes

Breizh Info - Née d’une émotion sincère, la mobilisation anti-féminicide actuelle est basée sur des statistiques partielles, purement franco-françaises ou à la rigueur européo-européennes. Deux rapports des Nations unies donnent un angle de vue plus large. Si on additionne les chiffres fournis par pays par Eurostat (organisme officiel de l’Union européenne), 27 pays du continent ont totalisé 770 féminicides en 2017. Une agence de l’ONU donne le chiffre de 66 000 féminicides par an sur la planète en 2012. Donc autour de 99 % des féminicides ont lieu ailleurs qu’en Europe.
Le rapport de l’OMS de 2012 sur le féminicide : une fenêtre ouverte sur la condition des femmes extra-européennes
Ce rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé liste les types de féminicides dans le monde, selon les circonstances qui les accompagnent. Outre le féminicide intime (qui a lieu à l’intérieur d’un couple), il décrit 3 autres circonstances meurtrières :
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« Les crimes liés à “l’honneur*” impliquent une fille ou une femme qui est assassinée par un membre masculin ou féminin de sa famille parce qu’elle a ou est censée avoir commis une transgression sexuelle ou comportementale, notamment un adultère, des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage – ou même parce qu’elle a été violée […] On estime à 5 000 le nombre de meurtres commis au nom de “l’honneur” chaque année dans le monde, mais il est probablement sous-estimé. Ces crimes ont lieu principalement dans certaines régions du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, mais aussi parmi certaines communautés de migrants, par exemple en Australie, en Europe, et en Amérique du Nord. D’après les études, les crimes “d’honneur” sont commis à l’aide d’armes à feu, de haches et d’outils tranchants ; par étranglement, coups de couteau, ou brûlures ; et en forçant une femme à prendre du poison, ou en la jetant par la fenêtre.[…] Les meurtres de femmes pour “sauver l’honneur de la famille” sont parmi les conséquences les plus tragiques et illustrent de façon la plus criante la discrimination profondément ancrée et admise dans certaines cultures, à l’encontre des femmes et des filles. Ils sont souvent commis en toute impunité du fait de l’acceptation largement répandue de cette pratique, et des statuts juridiques et judiciaires qui protègent le meurtrier. Dans certains cas, le meurtrier peut être encouragé, voire même motivé par les désirs d’autres membres de la famille, y compris des femmes. Au Royaume-Uni et en Suède, la recherche montre que les services sociaux et le secteur de la justice pénale* ont souvent considéré ces crimes comme des “traditions culturelles” plutôt que comme des formes extrêmes de violence à l’égard des femmes. »
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« Une autre forme de meurtre de femmes lié aux pratiques culturelles est le meurtre lié à la dot. Il se produit principalement dans certaines régions du sous-continent indien, et implique des jeunes mariées qui sont assassinées par des membres de leur belle-famille pour des conflits liés à la dot, par exemple pour avoir apporté une dot insuffisante à la famille du marié. Les données disponibles sur l’incidence des décès liés à la dot sont très variables. Par exemple, en 2006, le National Crime Records Bureau en Inde (l’agence gouvernementale indienne responsable des statistiques de la criminalité) a enregistré environ 7 600 décès liés à la dot, tandis que d’autres estimations avancent un chiffre annuel égal à plus du double. Certaines sources ont estimé qu’au moins 25 000 jeunes mariées sont tuées ou mutilées chaque année des suites de violences liées à la dot. »
« Comprendre et lutter contre la violence à l’égard des femmes », OMS, 2012.
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