March 27, 2020
Française des jeux : pari perdant pour les actionnaires - Olivier Frèrejacques

Avec la privatisation de la Française des Jeux (FDJ), nombreux sont les boursicoteurs en herbe à avoir misé sur l’entreprise de jeux de hasard et de pari pour faire une bonne affaire.
Pas de chance : avec le Coronavirus, la FDJ pourrait dérouiller à court terme, effrayer ces petits actionnaires, avant de revenir en force en 2021.
Plus de sport, plus de paris sportifs
La démocratisation des paris sportifs, à la faveur du développement d’internet et de l’ouverture du marché imposé par Bruxelles, avait redonné un coup de jus à ce secteur controversé et à la veille de la privatisation de la FDJ, c’est une entreprise en pleine forme qui entrait sur le marché !
Le Covid-19 est depuis passé par là. Conséquence immédiate : une perte de chiffre d’affaire d’au moins 120 millions d’euros dans le secteur paris sportif, un secteur privé de compétitions sportives Coronavirus oblige. 120 millions, un chiffre finalement marginal, si l’on envisage la quinzaine de milliards d’euros annuelle de la FDJ mais un chiffre qui pourrait gonfler. En effet, la limitation des déplacements empêche une partie des habitués des jeux à gratter et autres produits du marché du jeu à verser leur obole à l’entreprise. Une limitation toute relative puisque 80% des points de vente (essentiellement des bureaux de presse et des tabacs) demeurent ouverts.
Le secteur clé de la loterie se porte bien
Le secteur loterie est lui aussi affecté. Ainsi le jeu « Amigo », qui nécessite d’observer un écran dans le bureau de presse ou de tabac, a été suspendu. Ce secteur essentiel à la pérennité de l’entreprise demeure assez actif et l’entreprise se vante de poursuivre ses bonnes performances sur les jeux de loterie en ligne. Le « domaine » loterie, représentant 80% de l’activité de l’entreprise, on est loin de la catastrophe industrielle.
Après une perte de valeur de l’action dans un premier temps, celle-ci a repris de la vigueur après les annonces rassurantes de l’entreprise. Le groupe a expliqué être extrêmement solide financièrement disposant d’une trésorerie avantageuse. Pour ceux qui visait des dividendes juteux et rapides, probablement les plus petits actionnaires, il faudra cependant repasser même si l’action se trouve au-dessus de ses niveaux d’introduction.
**Les dividendes de la misère **
Le sportif était prévisionnellement important dans l’exercice en cours avec l’Euro 2020 et le JO, ainsi que les traditionnels évènements comme Roland Garros. Il faudra donc attendre, d’autant que les actionnaires pourraient avoir des surprises concernant leurs dividendes si le gouvernement venait à en demander la suspension sous la pression de l’opinion. Il faudrait alors attendre l’exercice 2021, année de report des compétitions sportives pour une embellie actionnariale.
A ces activités sportives, s’ajoutera également une probable crise économique violente. Or, le milieu du jeu surfe sur la misère et se portera probablement très bien en cas de cataclysme financier. Il faudra donc être patient pour les actionnaires et croiser les doigts pour que tout aille mal… Autant dire que d’un point de vue éthique, cela peut laisser songeur. Il sera toujours temps pour l’Etat de renationaliser ce secteur sensible… ou alors, de le taxer encore plus !
Olivier Frèrejacques