October 07, 2022
François Billot de Lochner (présentateur phare de "Mes Libertés Politiques" et président de l'association Stop au porno) : "Les pouvoirs publics semblent enfin prendre conscience du fléau de la pornographie"

Quatre sénatrices, Annick Billon (UDI), Alexandra Borchio Fontimp (LR), Laurence Cohen (PCF) et Laurence Rossignol (PS) ont rendu, le 28 septembre dernier, un rapport « explosif » sur l’industrie pornographique jugée « prédatrice » et qu’il est « urgent d’encadrer ». De son côté, l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, l'ancien CSA) se lance dans une bataille judicaire contre cinq des principaux sites pornographiques mondiaux et leurs fournisseurs d’accès. L'occasion, pour BV, d'interroger François Billot de Lochner, qui préside l’association Stop au porno, dont l’objet est de lutter contre le fléau pornographique.
Sabine de Villeroché. Le porno, ça nous concerne tous ?
François Billot de Lochner. Oui, hélas ! Une erreur actuelle considérable consiste à dire que cela ne concerne que les mineurs. Or, la pornographie, qui concerne évidemment les mineurs, touche la population dans son ensemble. Un seul chiffre : au moment où nous nous parlons, Google nous indique que 35% à 40 % des connexions sur son moteur de recherche concernent des sites pornographiques. En son temps, la série de films pornographiques Emmanuelle a enregistré près de 10 millions d’entrées d’adultes. Et je ne parle pas des radios pornographiques comme Skyrock ou Fun Radio, dont l’audience est comprise, tous les soirs, entre 5 et 10 millions de personnes.
S. d. V. Le rapport du Sénat et la procédure judiciaire qui est en cours sont-ils le signe d’une prise de conscience inédite des pouvoirs publics ?
F. B. d. L. Vous avez parfaitement raison : les pouvoirs publics semblent enfin prendre conscience du fléau de la pornographie. Cela dit, ne soyons pas naïfs : les rapports sont souvent faits pour être enterrés et les procédures judiciaires sont souvent des échecs. Nous parlons en connaissance de cause, car les procédures judiciaires lancées par notre association ne donnent que des résultats mitigés. Pourtant, ne boudons pas notre plaisir : ce rapport du Sénat a le mérite de mettre le sujet de la pornographie au cœur de l’actualité et les procédures judiciaires ont le mérite de faire trembler les pornocrates de tous poils.