October 26, 2021
Grand froid entre Moscou et l’OTAN

Moscou n’a jamais porté grande estime à l’Otan. Gorbatchev lui-même avait souhaité que l’organisation “disparaisse”. Un pas a été franchi hier lorsque la Russie a annoncé le retrait de la représentation russe auprès de l’OTAN à Bruxelles et la représentation de l’Alliance à Moscou.
Il faut comprendre que l’Alliance, et sa présence aux marges de l’ex-URSS, a toujours focalisé la défiance de la Russie envers l’Occident. Le prétexte à cette marque affirmée de défiance est le retrait des accréditations à huit membres de la mission russe auprès de l’OTAN, accusés d’être "des agents de renseignement non déclarés".
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a expliqué qu’”à la suite de certaines mesures prises par l’Otan, les conditions pour un travail en commun ne sont plus là”. Le travail en commun ayant toujours été symbolique, notamment depuis 2014 et l’annexion de la Crimée par la Russie, ces décisions ne changeront pas profondément les choses, mais il se confirme que l’Otan et la Russie détricotent leurs relations méticuleusement.
La Russie reproche à l’Alliance atlantique son ambition de s’étendre à ses frontières en intégrant en son sein l’Ukraine et la Géorgie, qu’elle considère très naturellement comme faisant encore partie de sa sphère d’influence. Moscou considère comme une provocation les manœuvres de bâtiments anglais ou hollandais au large de la Crimée, et a donc répliqué par des menaces. La participation en fin de semaine du chef du Pentagone à une réunion des ministres de la défense de l’Otan hérisse Moscou, qui l’a fait savoir.
Bref, la tension monte et, comme l’affirme le professeur de géopolitique Konstantin Sivkov : “Nous entrons dans une nouvelle phase aiguë de confrontation entre la Russie et l’OTAN, c’est une nouvelle guerre froide”.
CH