Grand Remplacement en Europe. Le Danemark tente de réagir
**POLEMIA **- Le Danemark a subi, comme d’autres pays européens, une forte immigration depuis les années 1980, avec un pic lors de la crise migratoire de 2015. Rapidement, le gouvernement danois a pris avec succès une série de mesures visant à freiner les arrivées de migrants. Un certain consensus existe actuellement dans le pays concernant le contrôle des entrées et la nécessité d’une – relative – homogénéité culturelle. Celui-ci ne devrait pas être remis en cause avec le résultat des récentes élections législatives organisées début juin. Si, comme dans d’autres pays européens, l’immigration reste importante, elle connait un sérieux tour de vis ces dernières années.
De l’ouverture des frontières à une restriction des arrivées
Jusqu’aux années 1970, l’immigration a été modérée au Danemark. Les immigrés venaient alors essentiellement d’Europe du nord et d’Europe occidentale (1). Un programme d’accueil de travailleurs étrangers a été organisé au début des années 1970 à destination d’immigrants turcs, pakistanais, etc. L’immigration a continué à être favorisée dans les décennies suivantes, avec une assez grande ouverture aux nationalités extra-européennes (d’Afrique, du Moyen Orient).
Durant l’été 2015, l’ouverture inconsidérée des frontières en Allemagne par la chancelière Angela Merkel a créé un appel d’air qui a également concerné le Danemark. La Suède ayant annoncé son intention d’accueillir des migrants, plusieurs d’entre eux se sont arrêtés dans leur périple au Danemark (2). Conséquence : le nombre de demandeurs d’asile a triplé entre 2013 et 2015, passant de 7 557 à 21 225. Celui des bénéficiaires du regroupement familial est passé de 7 215 en 2013 à 15 986 en 2015, celui des mineurs non accompagnés de 354 à 2 068 (3).
Les syriens et les afghans figuraient parmi les nationalités les plus représentées.
Si ces chiffres paraissent modestes au regard de ceux que connait la France, ils sont à rapprocher à la population du pays, composée de 5,8 millions d’habitants (...)
L’insertion ratée d’une partie des immigrés
Plusieurs éléments attestent la difficile intégration d’une partie de la population immigrée :
– 25 ghettos ont été recensés dans le pays. Ce terme a été très précisément défini par les autorités danoises pour définir les quartiers répondant à 3 caractéristiques : une population composée d’au moins 50 % de non-européens, 50 % de ses habitants sont au chômage, 2,7 % au moins ont fait l’objet d’une condamnation (8). Un programme gouvernemental vise actuellement à transformer profondément ces quartiers et à éviter de trop fortes proportions d’immigrés. Dans un objectif de dissuasion de la délinquance, les peines des auteurs de crimes et délits commis dans ces quartiers ont été doublées par rapport au reste du territoire national.
– Le taux de chômage de la population née à l’étranger est le double de celui des natifs (9). Ceci alors que l’économie danoise est en bonne santé, le chômage faible et que des mesures sont prises pour favoriser l’emploi des étrangers.
-Plusieurs écoles privées musulmanes ont été suspectées de ne pas « préparer activement leurs élèves à une insertion dans la société danoise », en inculquant des messages radicaux à leurs élèves (10). Un signe de l’éloignement de certains citoyens des valeurs du pays.
– Les intimidations faites par quelques islamistes, suite à la publication de caricatures de Mahomet en 2005 par le journal danois Jylland Posten, allant jusqu’à une tentative d’assassinat d’un dessinateur, ont provoqué une onde de choc dans le pays, dont les effets se font encore sentir dans la population et la classe politique. L’attentat contre les journalistes de Charlie Hebdo n’a fait que la réactiver (...)
Consensus contre l’immigration de masse
Lors des élections législatives organisées le 5 juin dernier, les sociaux-démocrates sont arrivés en tête, alors que le Parti populaire danois (« populiste ») perdait la moitié de ses sièges. Mais cette victoire des sociaux-démocrates ne devrait pas signifier pas le retour à une politique migratoire laxiste : leur leader Mette Frederiksen, qui sera appelé à former un gouvernement, a fait avec succès de la limitation drastique de l’immigration un argument de sa campagne électorale. C’est dans ce contexte que les élus du parti social-démocrate danois se sont prononcés pour la création de centres de déboutés du droit d’asile en dehors du pays (20). Une position diamétralement opposée à celles des autres partis socialistes européens.
Après avoir longtemps fait preuve de conformisme, le Danemark montre désormais qu’une autre gestion des flux migratoires que celle préconisée par les institutions européennes (21) est possible. Dans ce pays comme dans d’autres, la possibilité pour les partis dits populistes d’accéder au pouvoir est un élément décisif pour infléchir la politique d’immigration des gouvernements et faire entendre une aspiration du peuple devenue majoritaire.