Grèce : une frontière en ébullition mais le pays ne cède pas
Depuis une semaine, des milliers de clandestins campent à la frontière gréco-turque après la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan d'ouvrir les vannes migratoires. 7 jours sous très haute tension.
La Grèce plie mais ne rompt pas
Voilà maintenant une semaine que la frontière gréco-turque est prise d'assaut par des milliers de clandestins. Une semaine que les autorités grecques tentent de repoussent tant bien mal les multiples **tentatives">
de passage en force **sur le territoire européen. Depuis l’annonce, samedi dernier, par le président turc de l’ouverture de la frontière terrestre entre son pays et la Grèce, porte d’entrée dans l’Europe, des Grecs s’organisent pour soutenir leur armée et empêcher les migrants de franchir le fleuve qui sépare les deux pays. Une mission loin d'être aisée, des heurts éclatent chaque jour, des clandestins lançant des pierres en direction des policiers grecs qui tiraient des grenades lacrymogènes pour les repousser.
Des arrivées terrestres mais également maritimes. Des clandestins tentent de rejoindre les différentes îles grecques et notamment celle de Lesbos, déjà largement mise à contribution. Face à cet afflux permanent, les habitants, à bout de souffle, se mobilisent. Pour éviter une escalade des tensions, un bateau est arrivé sur place pour recenser les arrivées et les transférer. Du côté du haut commissariats des Nations Unies pour les réfugiés, on ne peut que constater les dégâts.
Ce qui est pudiquement appelé "anxiété" et "frustration" par cette salarié de l’ONU est en réalité un cri d’alerte du peuple grec qui paye l’incurie de l’Union Européenne et des institutions internationale face au drame migratoire. Un drame à double tranchant : pour les déracinés et pour les pays qui subissent les arrivées de clandestins.
La Turquie, elle, est bien décidée à faire plier la frontière grecque. Jeudi, Ankara a annoncé le déploiement d'un millier de policiers le long d'un fleuve frontalier avec la Grèce pour «empêcher» Athènes de «repousser» les migrants qui essaient de le franchir. De sources gouvernementales grecques, près de 35.000 migrants au total ont été repoussés depuis lors à la frontière alors que plusieurs centaines ont réussi à passer sur le territoire européen.
Une situation difficilement tenable donc pour les autorités helléniques, pas franchement aidées par l'union européenne. En effet, depuis une semaine, les 27 multiplient les petites déclarations mais l'aide humaine se fait encore attendre. Mercredi, chefs de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne ont réagi à la menace, accusant la Turquie de chantage aux migrants et promettant de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour protéger leurs frontières « dans le respect du droit de l’UE et international ». En retour, la présidence turque a assuré ne pas « considérer les réfugiés comme un moyen de chantage politique.
Pas de quoi, donc, inquiéter outre mesure Recep Tayyip Erdogan bien décidé à aller au bout de sa manœuvre pour faire pression sur Bruxelles et obtenir soit davantage de moyens financiers pour prendre en charge les migrants, soit un soutien diplomatique à ses visées géopolitiques dans le conflit syrien.
Dans ce dossier, seul Vladimir Poutine, semble tenir tête à son homologue turc. En se montrant ferme sur le dossier syrien, le président russe a obtenu un cessez-le-feu dans la province d’Idlib lors d’un sommet jeudi à Moscou. Le président russe a donc fait plier Recep Tayyip Erdogan… dans le même temps, l’union européenne prouve, une nouvelle fois, son inaction et sa faiblesse dans les dossiers internationaux.
Ce sujet sera abordé dans le JT de TVLibertés de ce soir