December 19, 2019
Grève : pourra-t-on passer Noël en famille ?

La grève connaîtra-t-elle une trêve de la nativité ? A quelques jours de Noël, de nombreux Français craignent de ne pas pouvoir profiter de ce moment de convivialité en famille et même religieux pour certains. Si la CFDT est contre le blocage de Noël, la CGT, elle, tient une ligne toujours plus dure.
Des millions de français retiennent leur souffle à l’approche de Noël
Alors que la CFDT réclame une trêve de Noël pour la grève, l’intersyndicale contestataire s’y oppose fermement. Une position intransigeante qui pourrait bel et bien profiter au gouvernement.
Allons-nous pouvoir passer Noël en famille ? C’est la question que se posent de nombreux foyers à l’approche de la fête de la nativité. Chrétiens ou non, de nombreux français profitent de la fête de la nativité du Christ pour se retrouver en famille pour un moment chaleureux. Mais cette année, la grève contre la réforme des retraites, qui connaît une mobilisation inédite, pourrait bien empêcher bon nombre d’usagers de profiter de cette fête.
La CFDT demande une trève, la CGT est contre
La CFDT via son secrétaire national Laurent Berger, a réclamé une trêve… mais le patron dans la centrale CFDT cheminot y est hostile et s’aligne sur la position intransigeante de la CGT et l’intersyndicale contestataire. CGT, FO, FSU et Solidaires sont formels : pas de trêve à la SNCF et dans les transports parisiens sans retrait du projet de loi retraite.
Vers un tournant du mouvement social ?
Majoritairement soutenus par la population si l’on se réfère aux sondages, les grévistes ont jusqu’à présent profité du rejet massif de l’opinion vis-à-vis d’Emmanuel Macron et de ses équipes. En imposant la grève de Noël, ils pourraient bien voir l’opinion se retourner, et le battage médiatique autour de ce Noël impossible sera à la hauteur de l’exaspération de bien des Français. Les journaux favorables au président ont d’ailleurs battu le rappel dans ce sens jouant la carte du mélodrame.
Le maintien de la grève pour la fête de Noël devrait largement desservir les centrales contestataires et donner le beau rôle à la CFDT. En faisant une trêve de trois jours, les syndicats pourraient s’assurer le soutien de l’opinion pour au moins un mois et songer sérieusement à faire vaciller le gouvernement. En refusant la trêve, les centrales montreront que, comme le personnel politique, elles sont tout à fait déconnectées du réel et s’attireront l’hostilité de l’opinion. Le gouvernement, a pour sa part tout intérêt à un blocage de Noël pour jouer la carte de l’émotion et profiter de la colère légitime des familles bloquées pour la fête de la nativité.
Côté politique, l’opposition entre gouvernement et syndicats a un peu éclipsé du jeu les partis politiques. Si Jean-Luc Mélenchon tente de surfer sur la vague contestataire auprès d’un public acquis, le Rassemblement National joue la carte du soutien à la grève tout en étant favorable à une trêve pour Noël. Les Républicains, eux, peinent à exister, si la patronne de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s’est offert un petit coup de com' en annonçant le remboursement des titres de transports des usagers RATP et réclamant la même chose pour la SNCF, le reste de la droite est tiraillée entre la critique d’un gouvernement à priori concurrent politique et des syndicats honnis…
Vous l’aurez compris, le jeu qui se déroule actuellement n’impliquent que trois acteurs : les syndicats, le gouvernement et l’opinion. Le simple fait d’avoir écarté les autres partis est une victoire pour les équipes d'E. Macron, victoire qui pourra être pleine et entière si les centrales d’extrême gauche maintiennent le mouvement pour Noël et parviennent à retourner l’opinion.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TVLibertés** de ce soir