March 08, 2019
Hématologie : vers une prise en compte du facteur ethnique ?

Le mot « race » doit-il disparaître de la Constitution ? L’Assemblée avait voté une motion en ce sens en juin 2018. Elle n’est pas encore passée dans la Loi fondamentale. La recherche allemande en hématologie risque de rendre cette rectification désuète. Les données pathogéniques et thérapeutiques liées à l’afflux de migrants montrent en effet qu’il devient nécessaire de distinguer, par exemple dans les greffes, les groupes d’origine des donneurs et ceux des receveurs, pour vérifier leurs compatibilités. Ce qui revient à intégrer, dans les caractérisations des cellules sanguines, des données raciales et ethniques dépassant de loin les seuls facteurs rhésus ou HLA classiques. C’est indispensable pour être assuré de ne pas commettre d’impair dans une transfusion péri-opératoire, ou dans une greffe de moelle indispensable à la plupart des traitements de cancers sanguins.
L’Allemagne à la recherche de dons de sang de migrants
Dans un article intitulé « À la recherche de dons de sang de migrants », le site de la Deutchslandfunk (Radio Allemagne) notait ainsi que, pour les migrants ayant besoin de sang ou de cellules souches, « le bon donneur fait souvent défaut, parce que ses cellules ont des propriétés rarement représentées ici ». D’où l’ouverture d’un programme de recherches dénommé Blustar, cofinancé par l’Union Européenne (UE) via le Fonds Européen de Développement Régional (Feder), et appelant les migrants d’origine turque, syrienne ou africaine à venir donner leur sang pour enrichir les données permettant le classement des compatibilités entre tissus donneurs et tissus receveurs.
(...) Breizh Info