November 08, 2019
Immobilier : vers un exode parisien ?

Travailler à Paris et vivre dans une autre ville… c’est le choix que font de plus en plus d’habitants de la capitale. Chassés par des prix toujours plus élevés, ces déplacés de l’explosion du prix de l’immobilier cherchent refuge dans des villes moyennes, mais pas seulement.
10.000 euros du mètre carré en moyenne à Paris
C’était il y a seulement deux mois, le plafond symbolique des 10 000 euros en moyenne du mètre carré à Paris était dépassé. Des prix qui ne finissent pas de grimper et qui ont plus que doublé dans certains secteurs de la capitale et de ses environ en l’espace de moins de dix ans. Devenir propriétaire à Paris ou en proche banlieue est ainsi devenue extrêmement compliqué.
Face à cela deux possibilités pour la classe moyenne : se loger dans des espaces plus restreints acheter à prix d’or ou… migrer vers des destinations financièrement plus hospitalières, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale par exemple. Une démarche suivie par bon nombre de parisiens. Une étude menée par le site « Meilleursagents » propose des comparaisons de surfaces en fonction d’un achat dans Paris ou dans des villes proches de la capitale. Ainsi pour un budget de 215.000 euros avec un prêt à 1,3% sur 20 ans, il est possible de s’offrir un 22 mètre carré dans Paris… avec le même budget, en habitant à Vendôme dans le Loir-et-Cher - soit à 45 minutes de la capitale en train - vous passerez à une surface de 146 m2… même calcul pour Le Mans dans la Sarthe, à moins d’une heure de Paris en train !
Un bénéfice considérable pour les parisiens expatriés qui se ressent dans l’augmentation du prix de l’immobilier avec des hausses de + de 3 % au Mans et + de 3,5 % à Lille dans le Nord, ville située à une heure de train de la capitale.
Et si la facture de transport peut s’avérer salée, avec des abonnements allant jusqu’à 600 euros par mois, les bénéfices en termes d’espace de logement et de pouvoir d’achat sont tels que de plus en plus de travailleurs de la classe moyenne parisienne franchissent le pas.
Une heure de train, plus le trajet de métro ou d’autres transports pour accéder à leur lieu de travail, les expatriés immobiliers n’ont pas franchement peur de cette perte de temps… perte de temps qui n’est pas franchement très différente de celle d’un francilien vivant en banlieue… les désagréments sécuritaires en moins.
Certains vont même jusqu’à rejoindre des villes comme Lyon ou Bordeaux où la surface est plus que doublée pour un prix équivalent, Nantes où elle se voit tripler ou encore Strasbourg ou Marseille où la taille du logement est même quadruplée !
Pour ces destinations il faudra souvent compter plus de deux heures de trajets… ce qui pousse parfois les travailleurs parisiens à rester quelques nuits dans la capitale dans des logements temporaires du type Airbnb… un mode de vie rendu absurde par un marché immobilier qui n’en finit plus de grimper et qui se répercute dans de nombreuses villes. Ainsi pour l’exercice en cours la ville de Lyon connaît une hausse de plus de 6 % et pourrait bientôt atteindre les 5.000 euros du mètre carré.
Des données financières auxquelles s’ajoutent un bouleversement sociologique avec des déplacements de personnes contraintes de vivre de plus en plus loin de leur lieu de travail… et enfin des conséquences écologiques évidentes avec un flux de plus en plus dense de personnes se déplaçant toujours plus loin à destination de leur lieu de travail.