September 23, 2020
Insécurité à Rennes : le déni de la municipalité ?

Rennes est-elle devenue « un gigantesque coupe-gorge » ? La municipalité et l'opposition se sont écharpées sur le thème de l'insécurité lors du conseil municipal lundi 21 septembre. Dans le viseur du groupe d'opposition Libre d'agir pour Rennes (droite et centre), mené par Charles Compagnon, la violence qui règne dans les rues de la ville.
Une situation dénoncée également par l'élue du groupe d'opposition Révéler Rennes (LREM) Sandrine Caroff-Urfer, qui décrit une ville où « sortir le soir pour retrouver ses amis, cela veut dire désormais courir le risque de se faire voler son portable, se faire menacer à l'arme blanche ». Dans la cité bretonne, les agressions les soirs de fête sont devenues monnaie courante : mercredi 22 juillet, des jeunes femmes avaient menacé les clients du bar l'Angélus avec des tessons de bouteilles, après avoir tenté de voler le sac d'une cliente, blessant un homme qui s'interposait. Les patrons de café, inquiets, ont lancé au début de l'été une pétition pour dénoncer l'explosion de la** violence depuis le déconfinement**. « Un jour, il va y avoir un mort » témoignait l’un d’entre eux.
Pour la municipalité, si une recrudescence des actes violents est constatée, la situation n'est pas si catastrophique : selon Cyrille Morel, adjoint délégué à la sécurité civile, « Rennes est une ville vivante mais tranquille » où « l'immense majorité des habitants peut sortir, à toute heure, sans risquer d'agression ». De vifs échanges ont eu lieu quand ce dernier a déclaré que parler d'insécurité était « devenu le fonds de commerce de la droite et de l'extrême-droite ». Face aux agressions et au trafic de stupéfiants, la municipalité, dirigée par Nathalie Appéré (PS) depuis 2014, assure que** quarante policiers municipaux** seront recrutés ces deux prochaines années. Un cautère sur une jambe de bois face àl'augmentation des agressions en Ile-et-Vilaine de 13,6% entre 2018 et 2019.