“Tout va bien”. La déclaration de Donald Trump sur Twitter après l’envoi de missiles iraniens sur les bases américaines en Irak a le mérite d’être rassurante. Pourtant, le monde craint encore l’explosion d’une guerre ouverte entre Washington et Téhéran. Cinq jours après l’assassinat ciblé du général Qassem Soleimani en Irak par des drones américains, l’Iran a donc riposté en envoyant des missiles sur deux bases américaines installées dans le nord et l’ouest de l’Irak. Une réponse proportionnée s’appuyant sur la charte des Nations Unies selon Javad Zarif, le ministre des affaires étrangères iranien.
Si les autorités iraniennes annoncent 80 blessés dans l’attaque, Washington réfute l’existence de victimes après l’opération. Une guerre de communication qui devrait se prolonger un certain temps avant que l’on puisse faire la lumière sur la réalité. Pour autant, la question en suspens aujourd’hui porte sur la suite des événements. En effet, selon le spécialiste du Proche et du Moyen Orient, Richard Labévière, qui interviendra dans notre JT de ce soir, l’Iran pourrait ne pas se limiter à cette riposte, et l'hostilité réciproque de longue date entre l'Iran et les États-Unis ne semble pas prête de s’éteindre.
Et si l’éventualité d’une guerre conventionnelle semble encore aujourd’hui très peu probable, tout porte à croire que les attaques diverses et variées vont se poursuivre entre les Etats-Unis et l’Iran. Et cette montée des tensions, qui n’a rien de bon pour les Occidentaux, n'empêche pas la diplomatie européenne de s’illustrer par son insipidité. Entre condamnations pavloviennes et appels au calme sans effet, le vieux continent semble totalement inaudible. Pas étonnant que Paris ne parvienne pas à faire rapatrier ses chercheurs du CNRS retenus en Iran depuis plusieurs mois…