August 29, 2019
Italie : Matteo Salvini recule… pour mieux revenir ?

Retournement d’alliance en Italie. Comme nous vous l’annoncions la semaine dernière dans notre JT, le Mouvement 5 Etoiles a finalement choisi de se joindre au centre gauche. Matteo Salvini prend place sur la touche et peut à présent attendre son heure.
L’Alliance populiste est morte, place à l’alliance des gauches
Comme l’indique le patron du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, sa formation va « essayer de former » un gouvernement à long terme… Essayer car cette alliance entre le Parti Démocrate de centre gauche et le M5S de tendance populiste de gauche ne paraît pas tout à fait naturelle.
En effet le Parti Démocrate était il y a quelques jours encore dans l’opposition au gouvernement populiste composé de La Ligue et de 5 étoiles. Désormais les deux partis marcheront main dans la main même si les contours du nouveau gouvernement Conte restent à définir… Le Parti Démocrate, revient ainsi aux affaires et entend bien imprimer un nouveau son de cloche dans la politique italienne comme**">
l’a immédiatement annoncé** le secrétaire général du parti, Nicolas Zingaretti.
Le mouvement 5 étoiles, majoritaire à la chambre basse italienne passe donc d’un allié résolument hostile à l’arrivée de migrants à un nouveau partenaire pro-immigration. Mais les contradictions ne s’arrêtent pas là. En effet, la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase populiste et mis fin à la coalition M5S-Lega était la question de la ligne ferroviaire Lyon-Turin à laquelle le mouvement 5 étoiles est fermement opposé… Le Parti Démocrate est pour sa part favorable à cette nouvelle voie de communication… probablement pire encore, 5 étoiles a fait son succès dans son opposition aux cures d’austérité imposées par Bruxelles… avec le Parti Démocrate, véritable valet de Bruxelles, on a du mal à voir quelle direction sera prise par le nouveau gouvernement.
Matteo Salvini dans une position idéale ?
La nouvelle équipe qui arrive aux manettes semble bien mal embarquée avant même d’être vraiment formée… En face, Matteo Salvini et La Ligue sont dans une position presque idéale et n’ont plus qu’à attendre les premières déconvenues de la nouvelle coalition. Des déconvenues qui ne devraient pas tarder à arriver avec le vote du budget avant le mois d’octobre.
Parfois présenté comme perdant de cette nouvelle donne, Salvini peut en réalité se frotter les mains, il peut également dénoncer un déni de démocratie… ce qu’il ne s’est pas privé de faire.
Matteo Salvini est à présent dans une situation d’attente, à lui de se préparer au mieux à une hypothétique prise de pouvoir et à d’éventuelles alliances avec le centre droit berlusconien et/ou aux nationalistes de Fratelli d’Italia. A l’aise dans une communication politique qui a fait son succès, le patron de La Ligue aura tout le loisir de pavaner sur les réseaux sociaux et s’agiter dans des coups de com’ dans lesquels il excelle… en attendant, peut-être, d’accéder au pouvoir.