Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas été prévenus… À la suite de sa réélection, l’une des promesses les plus emblématiques d’Emmanuel Macron est en passe d’être respectée : la légalisation de l’euthanasie. Pour un homme d’État qui nous a constamment habitués à enfreindre ses engagements, on en serait presque agréablement surpris s’il ne s’agissait à terme de mettre en place cette loi macabre.
C’est le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui a lancé officiellement les hostilités, en contredisant sans honte, l’avis qu’il avait rendu en 2016 et qui excluait, à l’époque, la possibilité d’une légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. Il faut rappeler qu’entre-temps la composition de ce Comité consultatif a été opportunément changée. En effet, le poste de président est occupé depuis 2017 par le professeur Jean-François Delfraissy dont on connaît les positions variables sur les questions éthiques. Ce dernier, interrogé en 2018 sur les changements d’avis du CCNE sur la PMA à six ans d’intervalle, justifiait ce revirement éthique par « l’évolution de la société et de ses valeurs ». Aujourd’hui, c’est au tour de la fin de vie de faire l’objet d’une révision par ce même Comité. Par ailleurs, le 22 avril dernier, vingt nouvelles personnalités représentant diverses associations y ont été intégrées par décret du gouvernement. Malgré quelques opposants à l’euthanasie auxquels il faut rendre hommage, un avis favorable a hélas été rendu par le CCNE. Cette légalisation supposerait toutefois « certaines conditions strictes avec lesquelles il apparaît inacceptable de transiger ». Gageons que ces conditions sauteront dans les dix ans à venir si le Comité considère à nouveau que les « valeurs de la société ont changé ».