June 22, 2023
[La Chronique Agora] Démondialisation et récession : Quand la Chine ralentit, ce qui devient inéluctable, les économies américaines et européennes souffrent d’autant plus.
![[La Chronique Agora] Démondialisation et récession : Quand la Chine ralentit, ce qui devient inéluctable, les économies américaines et européennes souffrent d’autant plus.](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/25/1d6c4bf4060215e2f8a57f4cb56b4f5497bb4e4d.jpg)
La démondialisation est en marche – politiquement parlant – depuis début 2017 et les premières déclarations hostiles envers la Chine de Donald Trump, avec la promesse de rééquilibrer le commerce entre les deux pays, de rapatrier la production aux Etats-Unis et d’offrir de bons emplois aux citoyens américains de la classe moyenne.
Six ans plus tard, la Chine a vu son poids passer de 12,5% à 19% dans le PIB mondial (notamment grâce à une spectaculaire accélération de 3% en 2021), les États-Unis ont rétrogradé de 17 à 16,5% et la zone euro de 13 à 12% (après une chute de la production industrielle en deux temps, 2020 et 2022).
Un redémarrage plus lent qu’attendu
Malgré les sanctions douanières infligées à un large panel de produits chinois depuis 5 ans, le boycott de Huawei, de ZTE et d’entreprises liées au complexe militaro-industriel chinois, le déficit du commerce extérieur US avec la Chine a battu l’an dernier un nouveau record absolu, à 400 Mds$.
Le déficit commercial total des Etats-Unis a pour sa part explosé, à 948 Mds$, soit 103 Mds$ de plus qu’en 2021… et 570 Mds$ de plus qu’en 2001, année de l’entrée de la Chine dans l’OMC. Ce solde commercial ne s’est même pas amélioré malgré les exportations massives de GNL vers l’Europe suite au boycott du gaz russe.
En attendant la « grande relocalisation » promise par Trump, les Etats-Unis demeurent plus dépendants que jamais des matières premières, des semi-conducteurs et des composants de batteries fabriqués en Chine, voilà la réalité.
Le bon côté des choses, c’est que la demande occidentale aurait dû contribuer à relancer la locomotive chinoise. Si ses exportations se sont en effet améliorées au cours des deux derniers mois, ce ne fut pas dans les proportions attendues, et la demande intérieure est demeurée bien plus faible que prévu.
La cause de la faiblesse de la demande extérieure chinoise trouve en grande partie sa source dans la chute de l’indicateur de croissance américaine qui est tombé à 25% au premier trimestre, ce qui très inférieure au potentiel historique.
L’immobilier repart ?
Les Etats-Unis ralentissent réellement, comme le démontre la contraction de la consommation de biens et de l’investissement au cours des trois derniers trimestres. Le seul signe de résilience tout nouvellement réapparu – à la surprise générale – provient de l’immobilier avec une hausse de 21,5% des mises en chantier au mois de mai.