June 27, 2023
[La Chronique Agora] Hécatombe d'entreprises : Si l’on peut penser que les microentreprises sont de plus en plus touchées par les faillites, alors que les entreprises plus importantes s’en sortent mieux, il n’en est rien en réalité, cette année.
![[La Chronique Agora] Hécatombe d'entreprises : Si l’on peut penser que les microentreprises sont de plus en plus touchées par les faillites, alors que les entreprises plus importantes s’en sortent mieux, il n’en est rien en réalité, cette année.](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/25/199d78668555525bde53cb5a35e5f9f39d683a5f.jpg)
Après la parenthèse enchantée du « quoi qu’il en coûte » pandémique, le tissu économique français reprend pied avec la réalité.
Finie la nationalisation de la masse salariale ; fini le coup de baguette magique qui transformait le chiffre d’affaires manquant en subventions sonnantes et trébuchante ; finie la manne des prêts garantis par l’Etat.
Les entreprises, quelles que soient leur taille, sont aujourd’hui obligées de trouver des clients solvables pour assurer leurs dépenses courantes. Cette « dé-zombification » de l’économie est aussi douloureuse qu’elle n’était nécessaire.
Vous le lisez depuis plusieurs années dans ces colonnes, et voici que la Banque de France le confirme : un nombre important d’entreprises ne survivaient que parce que les conditions d’octroi de crédit étaient viciées par les politiques dites d’urgence.
La parenthèse pandémique est fermée
A l’heure de la confrontation avec la réalité du marché, elles sont de plus en plus nombreuses à être dans l’incapacité de répondre à leurs obligations. Au mois de mai, les taux de défaillance ont continué de grimper. Ils sont au plus haut depuis le début 2020, et restent sur une tendance inquiétante.

Nombre de défaillance d’entreprises sur 12 mois : la période bénie du Covid est bel et bien terminée. Infographie : Banque de France
Les données de la Banque de France, qui compilent le nombre de défaillance d’entreprises sur 12 mois glissants, montrent que le plus-bas atteint lors de la pandémie n’était qu’une parenthèse. Depuis la fin des mesures de soutien et la hausse des taux d’intérêts, le nombre de défaillances subit une hausse quasi-verticale.
Et si le chiffre absolu, qui reste inférieur de 20% à la norme des années 2010, peut sembler raisonnable, il masque la réalité de la typologie des défaillances.
En effet, les données de la Banque de France regroupent les entreprises toutes tailles confondues, c’est-à-dire en mélangeant, dans un même indicateur, grandes, moyennes, petites, et microentreprises. Or, ces dernières sont surreprésentées dans les effectifs. Elles représentent à elles-seules plus de 70% des créations, conduisant à biaiser les chiffres nationaux.


