July 21, 2023
[La Chronique Agora] Néo-banques ! début de la fin ou rebond ? (Part II) Le consommateur pourrait être le grand gagnant de la condition entre les banques en ligne, les néo-banques et les Gafam.
![[La Chronique Agora] Néo-banques ! début de la fin ou rebond ? (Part II) Le consommateur pourrait être le grand gagnant de la condition entre les banques en ligne, les néo-banques et les Gafam.](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/26/9a4a4366cd5ad175ea6689b3be95b8bc90d821ca.jpg)
Comme nous l’avons vu hier, les néo-banques peinent depuis quelques années à attirer de nouveaux clients, et leur croissance s’en trouve entravée, au point que beaucoup ne sont pas profitables, voire ont dû fermer boutique. Cela ne veut pas pour autant dire que le secteur est destiné à disparaître.
L’avenir est au positionnement original
Si les plus fragiles des néo-banques actuelles pourraient disparaître, il est aussi possible que les plus originales tirent leur épingle du jeu. Ces dernières semaines, deux françaises se sont distinguées.
Green-Got a annoncé, au mois de mai, avoir levé 5 M€, dont 1,9 M€ en crowdfunding. La banque propose des comptes bancaires alternatifs, transparents et écologiques qui, à chaque paiement, contribuent gratuitement au financement de la dépollution plastique des océans, au reboisement ou au développement des énergies renouvelables. Elle veut inciter les Français à « changer de banque pour changer de monde ».
Bref, c’est une néo-banque militante. Par exemple, les commissions versées par les commerçants lorsque les clients paient par carte bancaire – importante source de revenus pour les banques – sont utilisées pour financer des projets de transition écologique. La fintech estime avoir contribué à empêcher l’émission de 12 000 tonnes de CO2.
Dix mois après son lancement, Green-Got a déjà séduit 13 000 clients payants et vise, sans rire, 66 millions de clients en France ! Une offre d’épargne est en préparation pour la fin de l’année 2023, ainsi qu’une ouverture en Belgique. L’ambition des fondateurs est considérable : « Etre un acteur européen pour avoir le plus grand impact possible. »
Autre acteur français ayant un positionnement commercial original : Memo Bank. Il est probable que vous n’en ayez jamais entendu parler. Elle dispose pourtant d’une licence bancaire complète – c’est la première banque indépendante à avoir obtenu une licence depuis 1970 –, mais elle ne s’adresse qu’aux PME réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires.
Contrairement à ses concurrents, Memo Bank ne fait pas la course aux clients, ni aux levées de fonds extraordinaires. Elle ne cherche pas non plus à être la moins chère. Son idée est plutôt de multiplier les produits pour couvrir un maximum de besoins et, ainsi, devenir rapidement la banque principale de ses clients.
Opérationnelle depuis septembre 2020, Memo Bank revendique environ 300 clients qui ont été séduits par ses forfaits mensuels proposant découverts, cartes à débit différé, mise en place de prélèvements, possibilité de recevoir des virements internationaux hors zone SEPA, etc. Cerise sur le gâteau du service aux clients, les chargés d’affaires peuvent se déplacer chez eux.