May 17, 2023
[La Chronique Agora] Qui s'inquiète vraiment du plafond de la dette ? Le marché est serein et semble évaluer avec délectation les probabilités d’un futur accident, qui forcerait pour la énième fois la Fed à intervenir
![[La Chronique Agora] Qui s'inquiète vraiment du plafond de la dette ? Le marché est serein et semble évaluer avec délectation les probabilités d’un futur accident, qui forcerait pour la énième fois la Fed à intervenir](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/25/032b007685ed4e18285fc5ccb87fde4815321276.jpg)
Le rapport sur l’inflation de mercredi dernier pour les Etats-Unis n’est, à mon sens, pas très encourageant : le gain mensuel de 0,4% de l’inflation globale et de l’inflation sous-jacente indique des pressions inflationnistes persistantes.
Les marchés sont résilients, mais ceci ne veut rien dire ; ils n’ont ni pouvoir d’analyse ni capacité d’anticipation. La cupidité est une constante et elle est alimentée par l’absence d’alternative pour les détenteurs de gros capitaux et de grosses fortunes dynastiques. Ce qui compte pour ces capitaux, c’est l’état du système, la situation de l’ordre et du régime.
Autant que l’on puisse en juger, les gros capitaux croient que l’on peut encore refaire un tour du manège enchanté !
Tout est dans l’impression
La Fed a administré la preuve qu’elle pouvait faire face. Même si elle n’agit qu’au niveau des apparences et des perceptions, cela marche, cela suffit. Pour le politique, il n’y a aucune inquiétude à ce stade : il n’y a pas de gros risque à l’horizon, l’échiquier favorable à la ploutocratie est bien encadré et aussi bien les médias que les agences de notation jouent correctement leur rôle d’encadrement.
La question du plafond de la dette n’inquiète que les imbéciles ; c’est un spectacle, une gesticulation, un happening, qui aurait presque des effets positifs en faisant croire qu’il y a des gens qui s’en préoccupent !
L’important, c’est que l’on ait pu donner l’impression que tout restait sous contrôle, que la Fed avait encore la maîtrise de la situation, que les valeurs du Trésor restaient le refuge et donc que le dollar tenait bon.
Le fait que l’or ne se soit pas envolé et que l’immobilier flanche n’est pas inquiétant, au contraire ; cela renforce la probabilité que lors de la prochaine baisse des taux le ressort restera bandé sous les indices boursiers.
Le gros argent ne se préoccupe pas des valorisations. Il sait très bien que l’on est sorti de l’épure depuis longtemps. Mais ce n’est pas son problème. Son problème, c’est le régime, le système, le contrôle. Et sous ces aspects, il est rassuré.
La prochaine grande épreuve – et elle est de taille – ce sera l’issue ou l’évolution de la guerre contre la Russie.
Mais, sur ce point, l’intoxication culturelle et la propagande marchent bien : les élites américaines croient à leurs propres mensonges, à leur exceptionnalisme, elles croient à ce qu’elles disent et font dire qu’elles sont persuadées de l’emporter.