March 23, 2023
[La Chronique Agora] Trois faillites... et combien d'autres à venir ? Quelques banques régionales américaines montrent encore des signes de faiblesse alarmants, alors même que des mesures « rassurantes » ont déjà été prises.
![[La Chronique Agora] Trois faillites... et combien d'autres à venir ? Quelques banques régionales américaines montrent encore des signes de faiblesse alarmants, alors même que des mesures « rassurantes » ont déjà été prises.](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/24/93f36fc62780b54f9157cb963fc204b596483b07.jpg)
Ce 18 mars, il n’y en avait dans tous les médias que pour le Credit Suisse, avec ses 50 puis 100 milliards de francs suisses surgis comme par magie des planches à billet de la BNS pour sauver la situation.
Puis, seulement 48 heures plus tard, c’était le système bancaire américain qui se retrouvait de nouveau au bord de l’abîme avec la faillite potentielle de la First Republic Bank aux Etats-Unis.
Une banque presque banale, même si elle pointe parmi les 20 premières du pays par le montant de ses dépôts. Sauf qu’elle présente des difficultés emblématiques de celles que pourraient rencontrer toutes les autres… y compris les banques européennes.
Des difficultés liées à une saturation du système financier par un excès de dettes, dont le coût devient insoutenable du fait d’une hausse de taux qui apparaît soudain comme trop brutale. Les banques centrales entendent régler par une saturation du système en liquidités.
Un nouveau déluge d’argent magique en mode « no limit » (après un bref épisode de « normalisation » de seulement 10 mois) destiné à refinancer encore plus de dettes menaçant de se désintégrer et de ruiner leurs détenteurs.
Valorisation par décret
Et voici le retour de la métaphore du drogué en cure de désintoxication et qui, ne supportant la sensation de manque, replonge comme un forcené dans ses addictions et s’injecte une double dose pour retrouver ses sensations de plénitude d’avant la cure pour overdose.
Ce drogué, c’est indifféremment la Fed ou le « marché ». Les deux ne font plus qu’un, puisque c’est la Fed qui, au mieux, fixe la « valeur de marché » (le risque vaut zéro, donc tout se vaut) et, au pire, abolit le marché en décrétant que ce qui vaut 80 vaut 100 pour certains. Et peu importe le moment, peu importe les conséquences pour ces autres acteurs dont les actifs valent 80 aujourd’hui, mais pourront valoir 0 demain, comme par exemple les émissions obligataires de SVB Financial, Signature Bank, ou les 17 Mds$ d’AT1 (dettes non garanties) du Credit Suisse.
Les autorités helvétiques (FINMA et BNS) ont décrété que ces AT1 valaient zéro, et tous les détenteurs tirent donc un trait sur cet actif, sans aucune indemnisation… c’est aussi simple que cela.
En ce qui concerne les bons du Trésor américains qui valaient 83% de leur valeur d’achat initiale – c’est un exemple –, s’ils sont offerts en garantie à la Fed pour obtenir des liquidités, ils sont désormais valorisés 100% de cette valeur… c’est aussi simple que cela.