March 28, 2023
[La Chronique Agora] Une dégringolade de plus : En attendant le bouquet final du feu d’artifice saluant le krach, les équilibristes financiers continuent de monter toujours plus haut, avec des montages toujours plus instables
![[La Chronique Agora] Une dégringolade de plus : En attendant le bouquet final du feu d’artifice saluant le krach, les équilibristes financiers continuent de monter toujours plus haut, avec des montages toujours plus instables](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/24/45ef3834d4ad38de68a9271fc786dae5b0fdc857.jpg)
Nous sommes submergés par une nouvelle, et énième, crise financière.
La précédente était en mars 2020, lors du Covid. Les crises financières se rapprochent. Elles se multiplient. Elles engagent des montants de plus en plus astronomiques, tant au niveau des pertes qu’au niveau des sauvetages. Avant, les unités de comptes étaient par milliards, puis par dizaines de milliards, elles sont passées à des centaines de milliards et globalement au niveau mondial elles portent maintenant sur des milliers de milliards !
Pourquoi cette dégringolade accélérée sur la pente de la destruction ?
La réponse est simple. Nous ne sommes pas dans des situations accidentelles, dans des anomalies. Non. Nous sommes confrontés à des problèmes de fond qui sont endémiques, endogènes, c’est-à-dire qui sont logés à l’intérieur du système dans lequel nous vivons.
Au plan superficiel on peut l’exprimer ainsi : nous sommes à la fin du grand cycle du crédit qui a pris naissance à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et avec la mise en place du nouveau système monétaire dit de Bretton Woods. Ce cycle a épuisé ses bienfaits. Il est usé. On en a tiré le maximum et maintenant il bute sur ses limites intrinsèques.
Mais les classes dominantes ne veulent pas le reconnaître, ou même en accepter l’idée. Elles se sont incroyablement enrichies grâce à ce cycle, et elles veulent que cela continue. Elles savent que la fin d’un grand cycle du crédit et la fin d’un cycle générationnel implique de grosses destructions de la pourriture, des fausses valeurs, de l’insolvable, des zombies ; or, ces classes dominantes ne veulent pas de ces destructions, car elles risquent d’en être affectées.
Changements de crise
Une crise du cycle long du crédit détruit toujours un certain ordre social, elle produit des réaménagements et des déclassements, et ceux qui bénéficient de l’ordre social du présent, bien sûr, ne veulent pas que l’on en change ! D’autant plus que ce sont les mêmes classes sociales qui, en fin de cycle, contrôlent les pouvoirs politiques.
Donc, on essaye de retarder, on met en place des prolongations, on met en place des pseudo remèdes qui ont deux fonctions. La première est de faire durer le plus longtemps possible, et la seconde est de reporter une partie du coût des crises sur les classes sociales qui sont les plus faibles, mal défendues, mal informées.
La fin du grand cycle du crédit est non pas une date ou un événement, mais un processus étalé dans le temps, un processus étiré. Et il a débuté dès les années 2010 !