November 15, 2019
La dette, fléau de certaines communes françaises

Alors que certaines villes sortent la tête de l’eau, d’autres communes voient leur dette exploser. Un fléau qui s’explique par de multiples raisons mais les solutions, elles, se feront au détriment des contribuables.
Dette, des communes à l'agonie
Alors que la situation financière semble s'être améliorée pour de nombreuses communes, une étude du Figaro dévoile une liste de 52 villes de plus de 10 000 habitants en grande difficulté financière en raison du montant de leur dette. Dans le détail, treize d'entre elles ont vu leur dette par habitant bondir de plus de 20 % depuis 2014 et six augmenter de plus de 10 %. Pour établir un classement, le journal a choisi des communes avec une dette par habitant supérieure à la médiane en France, soit 879,49 euros, avec une évolution entre 2008 et 2018 là aussi supérieure à la médiane.
Et à ce petit jeu, c’est Bagnolet qui est en tête. La commune de Seine-Saint-Denis affiche une dette par habitant de 3 962 euros, qu’elle mettra plus de 92 ans à rembourser. Sur les deux autres marches du podium, on retrouve Aubagne dans les Bouches-du-Rhône, avec 3 374 euros de dettes par habitant qu’elle mettra 42 an à rembourser, et Les Mureaux dans les Yvelines, où la dette de 2 720 euros par habitant mettra près de 40 ans à être remboursée. Si ces chiffres peuvent donner le tournis, ils ne sont néanmoins pas isolés puisque sur ces 52 villes, 9 mettront plus de 24 ans rembourser leur endettement, dans le cas de figure où elles y allouent tous leurs moyens.
Parmi les communes les plus citées de ce classement, on retrouve plusieurs villes de banlieues parisiennes, mais aussi des stations balnéaires du sud de la France. On note aussi la présence de Tourcoing, dans le Nord, commune dirigée entre 2014 et 2017 par Gérald Darmanin, actuel ministre de l’Action et des Comptes publics.
Comment donc expliquer que certaines communes s'en sortent moins bien que d’autres? Tout simplement, par des emprunts toxiques remontant au début des années 2000, la baisse des dotations de l’Etat décidée sous François Hollande, les errements de précédentes municipalités ou encore la gestion difficile de la masse salariale. Si certaines d'entre elles ont réussi à redresser la barre ou du moins limiter la casse entre 2014 et 2018, d'autres sont très largement dans le rouge et voit même leur dette augmenter d'année en année.
Face à ces difficultés, les solutions sont très minces. ... réduire les investissements ou les effectifs, ou augmenter les impôts. Deux cas de figures où le contribuable est une nouvelle fois pris en étau.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir / Photo : Wikipedia