July 04, 2023
« La France à nouveau en flammes » : Les émeutes vues depuis la Hongrie et la Pologne (Ojim)

OJIM - En 2017, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán déclarait : « Bien sûr, nous pouvons accueillir les vrais réfugiés : Allemands, Néerlandais, Français, Italiens, […] chrétiens qui auront dû fuir leur pays, ces personnes qui veulent retrouver ici l’Europe qu’elles ont perdue chez elles ». Si, pour des raisons économiques, nous sommes loin d’une inversion des flux migratoires intra-européens, les émeutes récentes en France marquent clairement une rupture psychologique dans l’image de la France à l’étranger. En Hongrie, pays dirigé par un gouvernement opposé à l’immigration illégale, le ton donné dans la presse sur ces événements semble bien plus libre que dans les médias de grand chemin français.
« La France à nouveau en flammes »
Ce ne sont pas les mots d’un média conservateur pro-gouvernemental, mais bien ceux de HVG, un hebdomadaire et site d’information de centre-gauche anti-gouvernemental. Dans l’ensemble, les médias anti-Orbán ont d’ailleurs adopté une posture moins biaisée que leurs équivalents libéraux-libertaires français, même si, il est vrai, ils n’en ont pas fait leurs gros titres.
Telex, 444 et Népszava, les sites les plus radicalement pro-UE et pro-immigration du paysage médiatique hongrois se sont montrés factuels, évoquant des troubles, des émeutes, des pillages, des violences, etc. Sans pour autant insister sur les origines du « petit ange » Naël et celles des émeutiers, les médias hongrois de gauche ont fait un travail d’information tournant assez peu le dos au réel en comparaison de ce qu’est capable de produire la presse subventionnée française. Le très à gauche 444 est même allé jusqu’à affirmer que ces émeutes mettaient en danger le pouvoir d’Emmanuel Macron.
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Une infime minorité woke face à la population hongroise
La presse hongroise de gauche ne peut raisonnablement aller sur un terrain consistant à voir des supporters anglais là où il n’y en a pas. Tout au plus peut-elle donner dans le qualificatif « jeune » ou « adolescent » pour conserver sa réputation de gardienne du temple de la bien-pensance.
Mais en situation exceptionnelle, les Hongrois d’opposition ne sont pas plus dupes que les Hongrois pro-Fidesz. Ils savent quels sont les auteurs des pillages et des violences, et ont aussi des positions fermes sur l’immigration extra-européenne. C’est pourquoi l’infime minorité woke budapestoise traînant ses guêtres dans les salles de rédaction de la presse libérale-libertaire et les théâtres de la capitale ne peut aller trop loin et doit se contenter de rester factuel.
À ce stade, il paraît impossible de faire avaler aux Hongrois l’idée d’une immigration « chance pour la Hongrie ». Tout comme il y avait eu un consensus large sur la crise migratoire de 2015, il y en a un aujourd’hui sur ce que les syndicats Alliance et Unsa-Police ont appelé des « hordes sauvages ». Dans le même registre, une majorité allant au-delà de la droite (77% des interrogés d’un sondage) est contre l’idée récente de Bruxelles d’imposer des quotas de migrants à la Hongrie.
Une autoroute pour les forces pro-gouvernementales
La situation actuelle en France pose évidemment moins de cas de conscience à la presse pro-Orbán. Cette dernière y voit une opportunité de rappeler que tout ce qu’elle assène depuis des années n’est pas un mensonge mais la dure réalité.
Le quotidien pro-Orbán *Magyar Nemzet *évoque une situation proche de la guerre civile, des experts se relaient pour faire un lien direct entre immigration et émeutes, le média Mandiner explique que la France est fracturée en deux tandis que le site Pesti Srácok, qui a par le passé fait l’objet de la censure des GAFAM, ne prend aucun gant quand il s’agit de parler des origines des émeutiers.
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