La raison de la colère du ministre: le vote, lundi, d’une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée gérée par la** Confédération islamique Millî Görüs** (CIMG), la plus grande d’Europe. Une organisation fondée en 1969 par l’ancien Premier ministre turc Necmettin Erbakan et réputée proche du pouvoir d’Erdogan. De quoi voir rouge pour Gérald Darmanin qui a immédiatement demandé au préfet du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, de saisir la justice administrative. Le maire EELV, Jeanne Barseghian, s’est défendu en invoquant les 22 millions d’euros versés aux cultes depuis 2008, et prétend que le financement de Millî Görüs s’inscrit dans un principe d’égalité.
En effet, l’Alsace-Moselle dépend du régime du Concordat qui n’a pas abrogé la séparation entre les Églises et l’État. Il incombe donc à l’Alsace-Moselle d’organiser les quatre cultes reconnus par le Concordat : catholique, luthérien, réformé et israélite.
Cette polémique survient surtout en plein débat sur le séparatisme religieux, d’autant que les relations entre la France et la Turquie sont tendues pour ne pas dire exécrables. A plus d’un an de la présidentielle, Emmanuel Macron a déjà mis en garde contre « des tentatives d’ingérence » de la Turquie dans l’élection présidentielle de 2022. « C’est écrit et les menaces ne sont pas voilées » a notamment déclaré le chef de l’Etat.
En 2017, des outils rattachés au pouvoir turc avaient appelé les germano-turcs à voter contre le parti de la chancelière allemande Angela Merkel.