La République En Marche prête à tout pour remporter les élections municipales
A deux mois du premier tour, le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a transmis une circulaire aux préfets changeant les règles de classification des candidats. Une petite manœuvre pour favoriser la majorité présidentielle.
Les communes de moins de 9 000 habitants effacées des résultats nationaux
Le gouvernement ne recule décidément devant rien ! alors que les élections municipales approchent à grands pas, la majorité présidentielle joue de tous les subterfuges pour embellir son image. Dans une circulaire remise aux différents préfets, le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, souhaite changer les règles pour calculer le score de chaque parti politique au soir des résultats. Selon les volontés du ministre chargé de l'organisation de l'élection, . Un électeur d'une ville de moins de 9 000 habitants qui souhaiterait adresser un message politique en sanctionnant La République en marche ne verra donc pas son vote pris en compte pour la moyenne nationale.
toutes les communes en-dessous de 9 000 habitants ne bénéficieront d'aucune classification et seront donc effacées des résultats nationaux. Cela concerne ainsi 96% des communes et 54% des électeurs
Jusqu'alors chaque candidat des communes de plus de 1 000 habitants, qu’il soit investi par un parti ou sans étiquette, se voyait attribuer par les préfectures une nuance politique, parmi une vingtaine existantes. Désormais, ce ne sera plus le cas. Une manière, donc, de faire la part belle au parti présidentiel que l'on sait en grande difficulté dans les régions rurales. En effet, si l'on reprend les résultats des élections européennes, sur les 34 listes candidates, le Rassemblement National était arrivé premier devant La République en Marche. Mais si l’on ne regarde que les communes de plus de 9 000 habitants, le parti présidentiel arriverait en tête presque 5 points devant le parti de Marine Le Pen.
Une stratégie avantageuse pour LREM
La stratégie de Christophe Castaner vise donc bien à avantager La République en Marche en mettant l'accent sur les résultats de la France des villes de sensibilité plus macroniste. Une stratégie assumée par le locataire de la Place Beauvau qui explique que les candidats dans les petites communes sont rarement affiliés à un parti.
Pourtant, difficile de ne pas y voir un subterfuge et une façon de cacher la faiblesse du parti présidentiel largement contesté par les zones rurales. La République en marche devrait être d'autant plus avantagée lors des municipales qu'elle a apporté son soutien dans de nombreuses villes de plus de 9 000 habitants aux favoris et notamment aux maires sortants qu'ils soient affiliés aux socialistes ou aux Républicains.
Un changement de règles loin de faire les affaires de Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement National a dénoncé une minable manipulation ajoutant que 96% des communes françaises étaient rayées de la carte. A deux mois du premier tour, les dés semblent donc déjà pipés et la République en Marche peut d’ores et déjà se targuer d’avoir remporté ces élections, du moins en apparence...