March 11, 2022
La Une de Présent du 11/03/2022

**JAPON : DES FEMMES CONTRE LE FÉMINISME ** Vif émoi au sein de la rédaction du Figaro Madame où les journalistes du magazine du progressisme chic ont découvert avec effroi qu’au Japon « le féminisme ne prend pas ». Stupeur et damnation ! Comment est-ce possible, comment une telle incongruité peut-elle advenir, comment est-il imaginable que la guerre des sexes, la jérémiade revancharde permanente et la chasse aux vestiges d’un patriarcat fantasmé ne soient pas des valeurs universelles, unanimement louées dans tous les pays et par toutes les cultures ? Face à de telles angoissantes interrogations, nos collègues scandalisés ont décidé d’enquêter, car au Figaro Magazine on adore la « diversité » mais dans le plus strict et impeccable alignement idéologique.
Selon Le Figaro Madame, si le Japon n’est pas une terre fertile pour le « combat féministe », c’est bien sûr parce que le pays est « corseté par la tradition » (quelle horreur !) mais aussi – et peut-être surtout – parce que les femmes au pouvoir seraient complices d’une « politique sexiste » qui, pourtant, semble avoir laissé des femmes atteindre des postes d’importance. La logique féministe n’est pas toujours très simple à suivre…
On nous présente alors la députée de la majorité, Mio Sugita, adversaire farouche du phénomène mondial de délation #MeToo, qui aurait osé déclarer à la télévision : « Les femmes ont le don de mentir à volonté. » De quoi en effet faire s’étrangler plus d’un journaliste occidental… Mais il y a plus horrible encore. Imaginez, chers lecteurs, qu’au Japon, ce sont les femmes politiques qui s’opposent le plus fermement à la pilule abortive, à la vaccination HPV contre le cancer de l’utérus et à l’éducation sexuelle à l’école… Scandaleux et choquant, n’est-ce pas ? Il est tellement rétrograde que des femmes, des mères, puissent être sensibles à la défense de la vie et à la protection de l’enfance ! En découvrant cette réalité, Sandrine Rousseau aurait sans doute fait un malaise cardiaque…
La condition des femmes au Japon serait la pire des pays du G7. Mais selon quels critères ? Selon ceux, farouchement idéologiques, du « Gender Gap » du Forum économique mondial. Ainsi, parce qu’elles ne se conforment pas aux standards occidentaux, les femmes japonaises seraient dans une situation « arriérée ». Pensez donc, si elles ont massivement investi le monde du travail depuis dix ans, c’est dans le but d’abonder aux revenus du foyer, et non pour « prendre leur autonomie ». En outre, à l’embauche, elles optent généralement pour un plan de carrière dit ippan shoku, qui leur permettra de conjuguer vie professionnelle et vie familiale, tandis que les hommes choisissent le sogo shoku, où le travail l’emportera sur la vie personnelle. De ce fait, les Japonaises ne divorcent pas assez, ce qui est une véritable honte doublée d’un abominable scandale pour un pays présumé « développé » ! Et dire qu’il y a encore des naïfs pour penser que Le Figaro et ses divers suppléments sont des titres « conservateurs »… •