March 16, 2022
La Une de Présent du 16/03/2022

LES GRANDES MANŒUVRES
Guerre en Ukraine : entre « coups de bluff » et menaces
La guerre se poursuit en Ukraine, les belligérants tâchant chacun à sa manière de prendre l’avantage. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky multiplie les accusations contre son ennemi tandis que la Russie hausse le ton. Elle ferait également appel à la Chine.
Les roquettes russes vont tomber sur l’Otan et les maisons de ses citoyens si les Occidentaux n’imposent pas de zone d’exclusion aérienne dans le ciel ukrainien. Voilà la déclaration très inquiétante du très médiatique président ukrainien faite dans la nuit de dimanche à lundi.
Celle-ci intervenait quelques heures après les frappes aériennes russes sur une base militaire située à une vingtaine de kilomètres de la frontière polonaise et par conséquent à une vingtaine de kilomètres du territoire de l’Otan.
Comme depuis le début du conflit, Volodymyr Zelensky joue en fait pleinement la carte de la communication, tentant d’impliquer émotionnellement et psychologiquement le maximum d’alliés afin de bénéficier en retour du soutien financier et matériel le plus important possible. Une position qui sera légitimement jugée « va-t-en-guerre » par les Occidentaux, une intervention de l’Otan ou l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne étant peu ou prou synonyme de troisième guerre mondiale, mais un moyen pour le président ukrainien de jouer son va-tout.
La partie de poker menteur est intense et le camp russe n’est pas en reste. A la suite des nombreuses sanctions occidentales à son encontre, notamment de la part de multinationales ayant mis leurs activités en Russie entre parenthèses, Vladimir Poutine et son gouvernement accentuent la pression. Il semblerait même qu’ils se livrent à quelques menaces.
Le maître du Kremlin a évoqué à demi-mot une nationalisation des entreprises belliqueuses afin d’éviter les fuites de capitaux et la chute du rouble, tandis que, d’après le Wall Street Journal, des procureurs russes ont averti des compagnies comme Coca-Cola, McDonald’s ou encore IBM que leurs responsables pourraient subir arrestations et saisies de leurs actifs en cas de critique du gouvernement.
L’aspect militaire est, comme dans chaque guerre, le plus sujet au bluff. L’armée russe est-elle embourbée et pratiquement battue ? Est-elle au contraire quasiment victorieuse ? L’Ukraine parviendrait-elle à bouter l’ennemi hors de ses frontières « en trois jours » avec un coup de pouce de l’Occident, comme l’affirment ses dirigeants ?
Des rumeurs indiquent désormais que la Russie serait prête à « renverser la table » en faisant appel à son nouvel allié principal. Le New York Times signalait dimanche qu’elle aurait demandé des équipements militaires à la Chine. Une information qui serait lourde de conséquences si elle était avérée puisqu’elle témoignerait de difficultés imprévues dans ce domaine.
Des sources anonymes indiquent que les Chinois auraient repoussé la requête russe sous la pression des Américains mais que Vladimir Poutine serait revenu à la charge en proposant davantage d’échanges économiques entre les deux pays.
Si les négociations en cours entre les gouvernements russe et ukrainien sont de la même nature, la partie pourrait bien durer encore longtemps. A moins que l’un des protagonistes se couche ou perde toute sa mise. •