January 26, 2022
La Une de Présent du 26/01/2022

Russie – Ukraine – OTAN : l’escalade verbale
Diplomates et médias du monde entier ont les yeux rivés sur la frontière ukraino-russe où se multiplient les mouvements de troupes de part et d’autre. Devenue l’enjeu d’un bras de fer entre le Kremlin et Washington, sous le paravent de l’Otan, la crise du Donbass va-t-elle aboutir à un nouveau conflit armé ? La plupart des observateurs pensent que cette extrémité sera évitée même si les jusqu’au-boutistes des deux camps continuent à souffler sur les braises. Une fois encore, l’Europe, divisée, apparaît comme la grande absente.
La rencontre du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov le 21 janvier à Genève n’a pas permis d’apaiser les tensions suscitées par la présence accrue de forces russes à la frontière avec l’Ukraine, dans le cadre d’un dispositif perçu par les Ukrainiens, les Américains et l’OTAN comme la préparation d’une invasion armée. Blinken a prévenu son homologue que, si l’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, elle peut compter sur le soutien américain face à l’agression russe. Un soutien qui se traduit par une action diplomatique et par des menaces de sanctions contre la Russie, en plus de celles en vigueur depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et l’intervention au Donbass, et aussi par la livraison d’armes de défense, tels les lance-missiles antichars portables Javelin, ou les 90 tonnes d’armes légères et de munitions livrées la semaine dernière. Des armes antichars NLAW ont également été livrées par le Royaume-Uni qui ne fournissait pas jusqu’ici d’armes létales à l’Ukraine, mais les avions de la RAF chargés du transport ont dû contourner l’espace aérien allemand, Berlin étant opposé à toute livraison d’armes à Kiev.